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Luc 18:25 - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Luc 18:25 [14e oct. 2016|12:30 am]
RacReciR
[Humeur |cheerfuljoyeux]
[Ecoute |silence]

དཔལ་ཀུན་ཏུ་བཟང་པོ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ

Je me prosterne devant le Bouddha Primordial


Prise de refuge:
Il est essentiel de prendre refuge avant d'entamer une nouvelle fugue. Prendre une bonne inspiration et réaliser directement que tout ceci n’a aucune existence intrinsèque. Juste un ensemble infini de relations d’interdépendance qui, si on n'y prend garde, se transforment en liens de cause à effet : le karma.

Liens qui se dénouent aussi naturellement qu’ils se nouent.

Il n’y a rien à faire.

Du vide pour esprit clair.

Vide de l’ainsité dans lequel les mots, les concepts, l'existence et la non-existence sont autant de bulles qui émergent puis éclatent sans laisser de trace et sans jamais avoir eu de sens.


ChépaDorje Rinpoché, mon Maître Racine, a quitté son enveloppe charnelle le 14 octobre 2014.

Tiens ? Encore des 14 !?
Il a donné, en mourant, sa dernière leçon après avoir souffert le martyre pendant de longues semaines.

Le karma, qui est décidément d'une ironie malicieuse, voulant qu'une amanite phalloïde (sic) glissée dans son bol fût le vecteur de cette morbide leçon.

Ce billet commémore donc gauchement le deuxième anniversaire de son départ.

Deux ans pour mesurer la sinistre portée de cette dernière leçon.

(quelques heures avant de publier cette fugue, un clic au "hasard" m'a projeté dans l'enseignement de Rinpoché du 16 mai 2013. Cet enseignement d'une Grande Complétude, où Rinpoché passe du tibétain - traduit - au français, porte sur les qualités requises du Maître et des disciples. Il n' y a pas de hasard. Je prends donc la responsabilité de mettre cet enseignement en ligne. Le Thème Royal transmis par Rinpoché. Une voix de plus...et quelle voix !).


Petite digression pour les néophytes.

La métaphore des « 3 bols » est souvent utilisée pour illustrer les 3 sortes de personnes incapables de tirer un quelconque bénéfice des enseignements (de quelque nature fût-il).


Premier cas, le bol est posé à l'envers. On peut y verser tout le nectar du monde, il restera désespérément vide.

Deuxième cas, le bol est à l'endroit mais fêlé. Le nectar versé y reste un moment avant que le bol se retrouve vide à nouveau.

Le troisième cas, le pire parce qu'il décrit les enfers, est celui du bol contenant ou ayant contenu du poison. On peut y verser tout le nectar de la galaxie. Son contenu est immanquablement corrompu par le poison et gare à qui en goûterait.

Fin de la digression.


Quel est le but poursuivi par la philosophie (étymologiquement «l'amour de la sagesse») dont le bouddhisme n'est qu'une acception?

Il s'agit essentiellement de réaliser que l’ensemble des vivants aspirent aveuglément un même objectif : mettre un terme à leurs souffrances.

La philosophie est donc cette petite lueur qui tente de dissiper ces ténèbres.


Chaque esprit s’est en effet construit amoureusement son propre enfer, cage dont il astique les barreaux amoureusement.

Un costume taillé sur mesure.

La souffrance étant infinie, les manières de l’expérimenter sont donc elles aussi infinies. Toutes les interactions, les relations d’interdépendance sont perçues par le prisme déformant de la prédation.

Proie ou prédateur.

Pas d'autre perception chez les êtres qui y sont internés.

Développer une vue correcte, équanime, sans partialité (sans porter de jugement) nécessite alors de développer de la compassion pour l’ensemble des êtres en souffrance en commençant par soi-même.

Comment voudriez-vous aimer les autres si vous n'êtes pas capable de vous aimer ? Ou, pire, si vous jouissez d'être enfermé dans une spirale d’autodestruction ? !

Il est difficile dans cet enfer personnel de réaliser que le bonheur des autres est une source infinie de bonheur pour soi et qu'il ne dépend que de soi pour y arriver.

Il n'y a aucune autre possibilité de sortir de la cage.


Après la prise de refuge, vient le développement de l’esprit d’éveil.

La souffrance n’a certes pas d’existence intrinsèque mais elle est expérimentée par tous les êtres qui s’y identifient.


Développement de l’esprit d’éveil:

Hypnotisés par l'infinie variété des perceptions, semblables aux reflets illusoires de la lune dans l'eau, les êtres errent sans fin, tels des moutons, dans le cercle vicieux du samsara.

Puissent-ils pratiquer l'amour, la joie, la compassion et l'équanimité incommensurables afin de trouver le repos de la Clarté-Vacuité, la nature véritable de leur esprit.


Vue d’une autre galaxie dont l’amour serait le moteur, contempler cette souffrance auto-générée est insoutenable. C’est pour cette raison que des êtres accomplis s’incarnent dans tous les mondes et y dispensent leurs enseignements. Oui, ils vont même dans les enfers !

Pour y expérimenter la souffrance, avec joie.


Sans retenue. Sans jamais oublier, ou presque, que c’est une expérience partagée.

Partager la souffrance, c'est se laisser envahir et emporter par le tourbillon du désir sans opposer la moindre résistance tout en prenant garde de s'y noyer.


L'enfer est l’expression de l’Alchimie du diable : celle qui transmute l’Or (l’Amour) en plomb (Souffrance).

Le monde à l’envers. Littéralement.

Le plus grande confusion mentale où souffrance et plaisir sont confondus dans un même désir.


La conclusion est sans ambiguïté.

En enfer, le plaisir des uns naît de la souffrance des autres et s’en repaît. Sans réaliser qu'il n'y a aucune distinction entre soi et les autres. Et les Faust de pacotille de s'étonner que le boomerang leur revienne malicieusement dans la tronche !

En enfer, tout est placé sous le sceau de la prédation.

En enfer, ce trou noir qui absorbe l'énergie échangée par le prédateur et ses proies, est le sceau du diable.


Amour, Joie, Compassion et Équanimité sont les 4 qualités incommensurables. Celles qui définissent l'esprit d'éveil.

Les expérimenter en toute circonstance est la seule façon de sortir par le haut.


Tomber en cours de route est inévitable et n'a, de fait, aucune importance. C’est ce que nous faisons tous depuis des temps sans commencement.

Seul le chemin compte et comme il ne mène nulle part… mais il faut trouver en soi le courage de se relever sans colère et apprendre pour ne pas recommencer. Apprendre à apprendre pour les cas les plus critiques. Même après avoir été victime d’un croche-pied !

C'est pour être tombé sans avoir eu le courage de se relever que le porteur de lumière, Lucifer, s'est définitivement perdu en route.


Il faut enfin faire la distinction entre le pardon et l’excuse. Le premier est unilatéral alors que la seconde doit être demandée, acceptée avant d’être éventuellement partagée après réparation.

Il est donc parfois nécessaire, pour se relever, de pardonner sans excuser.

C'est la même distinction qui sépare accepter et approuver.


« Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d'entrer au royaume de Dieu. » (Luc 18:25)


Dédicace:

Puissent tous les êtres avoir le bol de croiser les Enseignements sur leur chemin. Puissent-ils les entendre, les approuver et trouver le courage de se relever à chaque fois.

Puissent-ils enfin poursuivre leur chemin joyeusement et briser leur cycle infernal.


Colophon:

Cette fugue a spontanément émergé de la noosphère sous les doigts de RiceRcaR, un fou aux moeurs douteuses.
Ce pratiquant putatif, incohérent et peu expérimenté a, une fois de plus, raté une touche et manqué vendre son âme au diable.

Il a fallu le rappel permanent du témoignage des 7 années de bonté ininterrompues de son Maître, uni à l'État Naturel, et les enseignements des êtres qu’il a croisés sur son chemin pour puiser encore une fois de la force, à défaut de courage, et se relever.

Il lui a fallu encore plus de temps pour pardonner maladroitement et poursuivre son chemin en développant une reconnaissance et une gratitude infinies pour les précieux enseignements qu’il a reçus.

Toutes les négativités - erreurs, imprécisions, incohérences et autres hypocrisies - qui pourraient avoir corrompu ces électrons fugueurs sont miennes et sont le reflet de mes perceptions voilées. J’en assume la responsabilité pleine et entière.

Que tous soient remerciés.



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