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Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course des rimes - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course des rimes [23e oct. 2016|09:38 pm]
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boa ayant avalé un dragonJe vais vous confier un secret.

La plupart des Enseignements (Majuscule) sont protégés et leur compréhension rendue impossible pour qui n’y est pas prêt.

Je ne vais pas épiloguer ici sur la nature et l’essence des Protecteurs. Plus le contenu d’un texte est Complet, plus grande est sa protection et plus nombreux sont les obstables à son dévoilement.
L’ironie de la chose est que ces textes sont offerts comme dans une grande bibliothèque publique que personne ou presque ne fréquenterait : offerts et accessibles au commun des mortels. Seuls les textes du grand véhicule restent réellement interdits d’accès à ceux qui n’en auraient pas reçu la transmission.


Le secret résidant donc dans le hasard d'une rencontre puis dans le niveau de lecture et l'implication personnelle du lecteur à donner un second souffle aux mots que son esprit (étymologie: souffle) découvrirait (oui, c'est un conditionnel).


J’ai ainsi un tout petit héros dans la peau dont je recommande parfois la lecture éponyme au quidam qui croise mon chemin de bohème et me fait l'amitié d'un brin de compagnie (étymologie: bohème = "hors normes" et compagnie="avec qui on partage le pain"). J’observe alors l'esprit qui accompagne cette lecture ... cela d'autant plus près qu'il assure avoir gardé son âme d'enfant... et en tire généralement un enseignement précieux quant à ce qu'il tient pour vrai et sérieux.
Enfant ou adulte ennuyeux ?


C’est ainsi que le lecteur qui tomberait sur un des livres les plus connus (à défaut d'être lu) au monde, "Le Petit Prince" d’Antoine de Saint Exupéry, est tenté de s’en saisir comme d'un conte pour enfants dont l'auteur fait d'ailleurs l'apologie en dédicace : "A Léon Werth quand il était petit garçon".
Illustré naïvement par l’auteur qui parle à la première personne du singulier. C'est la place que doit occuper le lecteur quand il/je dresse un ensemble de tableaux de personnages plus ou moins farfelus - depuis l'astronome turc au businessman s'
appropriant les étoiles qu'il compte toute sa vie, en passant par le singulier allumeur de reverbère (ch 14) - un récit métaphorique au singulier, comme la découverte exigeante de l'amitié : la rencontre avec le renard qui forme un parfait miroir avec la rencontre initiale du pilote et du petit prince.

Une mise en abyme. Une cascade en réalité !

La 7ème planète fut donc la Terre.

Notre lecteur bêta lambda, celui qui a perdu depuis longtemps son âme d'enfant, va donc survoler les lignes d’un oeil distrait, déflorer les différents personnages et, une fois son ouvrage terminé, le déposer avec la conscience (sic) du devoir accompli : « Au suivant ! »


Bien qu’il ait été confisqué par les marchands du Temple qui l’ont prostitué et transformé en une foultitude d'objets de consommation courante, ce n’est pourtant pas par hasard que ce livre fait partie des textes les plus lus et les plus traduits du monde. Le récit philosophique est d’une Grande Complétude ! Il accompagne depuis plus d’un demi-siècle des générations qui l’ont découvert enfants et qui continuent, en dépit de toutes les putasseries qui l’entourent, à faire le tri entre le bon grain - le texte et les illustrations vivants - et l’ivraie - tout le reste.

Ce livre seul résume le Tout. Chacune de ses lectures ouvre un univers différent. Chaque phrase, chaque récit est perçu différemment par le lecteur au cours du temps qui égrène sa vie.

C’est ainsi, qu’ayant accompagné ce petit prince plusieurs centaines de fois dans nos périgrinations pour retrouver sa rose, chaque lecture est l’opportunité d’une nouvelle compréhension qui jaillit. C’est l’interaction du texte avec le “ici et maintenant” qui fait émerger un ensemble d’images et de pensées qui forment l’Enseignement, secret, que recèle ce livre.
Un Enseignement toujours pertinent et toujours différent puisque vivant.

C’est ainsi que le secret est porté caché en pleine lumière (sic) !

A en aveugler les papillons perdus dans leurs songes - s'enivrer le temps d'un soupir.

Chaque lecture “spirituelle” prête, quant à elle, vie à une nouvelle histoire qui résonne en fonction de chacun de ses lecteurs.


Peu de textes possèdent ce pouvoir magique de se métamorphorser le temps de leur lecture. Il faut cependant pour cela que le lecteur y mette du sien ("souffler" un peu) pour, qu'en interaction avec les mots, émerge un éphémère, unique fruit de cette passion union.

Pour le béotien, l'ayant résolument réifié, Le Petit Prince reste l’objet plat et inanimé fidèle à sa perception rationnelle : un ensemble de jolis mots creux, souvent insensés.

"... ni des perles jetées devant les pourceaux" (Matthieu 7:6).

On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

Il n’est donc de pire aveugle que celui qui retient son souffle et se re-tranche (le coeur) de peur d’être touché.

Autant mourir tout de suite !


...un pied près de mon coeur !

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