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L'esprit des lois [30e mai. 2005|03:04 pm]
RacReciR
[Humeur |annoyedannoyed]
[Ecoute |Bach - Doppelkonzert in d-moll für zwei Violinen]

Renard apprivoiséUne démocratie bascule dans le totalitarisme tout en gardant une apparente bonhommie démocratique. C'est, du moins, ce qui se passe dans un premier temps. C'est le temps où le décalage entre la population et ses élites est tel que l'incompréhension la plus totale règne des deux côtés. Le peuple est noyé dans ses problèmes existentiels immédiats et l'élite se soucie de distribuer des brioches à ceux qui demandent du pain. Mangez-en, c'est très bon aussi !
Arrive un second temps, celui de l'action. Des catégories particulièrement exposées ou vulnérables - celles qui sont sur le front de la misère - se révoltent. Il y a un moment où vous n'avez plus rien à perdre. C'est le cas des ostréiculteurs, des viticulteurs, des petits paysans. La fonction publique dans son ensemble n'est pas loin de craquer.
Et c'est le moment de la répression : les gendarmes qui évacuent et tabassent des manisfestants, les citoyens en colère attaquant les symboles publics, détruisant les infrastructures collectives, les entreprises obligées de déposer la clé sous la paillasson.
La stratégie classique est, alors, de créer des catégories de citoyens : ceux qui vont être sacrifiés et désignés à la vindicte. Les ennemis publics.
Ce furent les protestants, les juifs, les républicains, les communards, les frontistes, les soixante-huitards, les homosexuels, les arabes, les portuguais, les italiens, les noirs, les asiatiques ou les turcs.
Le méchant est, par définition, l'autre. Celui qui fait peur. Celui que nous ne connaissons pas. Celui qui a moins que nous, qu'on nous dresse à voir comme une brute sanguinaire. La presse, à la solde des marchands d'armes (qui en sont les actionnaires principaux et les principaux pourvoyeurs de publicité), se fait l'écho docile de la propagande et prépare l'opinion aux répressions les plus féroces et les plus justifiées.
On remplit alors les prisons et les programmes carcéraux font florès (2% de la population des E.U. est actuellement en prison. L'industrie florissante des états du sud est la prison privée. Une nouvelle vision de la traite des hommes).
Il peut aussi être tentant de tester, sur une ville donnée, les stratégies de guérilla urbaine auxquelles se sont préparées les autorités depuis plusieurs années.

Tout cela parce que les élus de la nation sont incapables d'avoir la grandeur de respecter l'esprit des lois qu'ils ont eux-même votées.
Ne voit-on pas un président de la république, repris de justice en sursit, élu dans des conditions dignes de la plus belle des républiques dites bananières, désavoué par ses électeurs tout au long de trois scrutins nationaux et d'un scrutin européen ? Et celui-ci de feindre croire que les NON qui se sont exprimés ne le concernent pas et de proposer un cautère sur une jambe de bois pour toute solution ?
Comment peut-on respecter un homme qui s'engage et défend une position au cours d'un référendum et qui, largement désavoué par ses électeurs et concitoyens, irait ensuite défendre la position inverse de ses convictions intimes ?

Il n'est nulle part écrit qu'un président doive démissionner s'il est désavoué par un référendum.
Il ne devrait pas être besoin de l'écrire.
Tout homme de Devoir et d'Honneur, et a fortiori d'Etat, considèrerait que sa présence à un tel poste avec un tel rejet de la population dessert son pays, ses électeurs et la cause qu'il défend. Mais notre coquin, abreuvé et nourri des ors de la république, de ses fastes et de l'impunité constitutionnelle qui le met à l'abri des juges, est arc-bouté sur son siège et fait de grands moulinets de ses bras pour effaroucher l'adversaire.

Il y a parfois un moment où le peuple s'auto-saisit du problème. Bien malin qui peut alors en prévoir l'issue
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