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Asinus asinum fricat - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Asinus asinum fricat [23e juin. 2005|12:24 am]
RacReciR
[Humeur |cynicalcynical]

Plume tirée du croupion d'un angeBertrand Landrieu a été nommé, le 10 juillet 2002, préfet de la région Ile-de-France (à ce titre, il est président du STIF) et préfet de Paris, très peu de temps après l'arrivée de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et de Nicolas Sarkozy Place Beauvau.

Pour le nouveau gouvernement, il fallait installer rue Barbet-de-Jouy, à la place du chevénementiste Jean-Pierre Duport, un contre-pouvoir pour circonscrire le plus possible l'action du maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, et celle du non moins socialiste Jean-Paul Huchon, président de la région, deux forteresses d'opposition. Et il était nécessaire que cette fonction soit occupée par un connaisseur des exigences de toute l'action interministérielle puisqu'un préfet représente dans sa circonscription tous les ministres (sauf les armées et l'éducation nationale) : or la région parisienne est la "région capitale" . Cette nomination venait aussi récompenser celui qui, depuis trente ans, n'avait jamais ménagé son appui à Jacques Chirac.

Cet homme de 60 ans, aux yeux pétillants et au langage choisi, a commencé à servir le président de la République en 1973, au ministère de l'agriculture. Depuis, ils ne se sont pas quittés.

Ancien élève de l'ENA, président, depuis novembre 2002, de l'Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l'intérieur, il fut sous-préfet d'Ussel, fief de la "chiraquie" , entre 1974 et 1977, puis préfet du Limousin, qui englobe la Corrèze, de 1993 à 1995. Puis, jusqu'à l'été 2002, il dirige le cabinet de M. Chirac à l'Elysée.

Il assiste, comme préfet d'Ile-de-France à de nombreuses réunions interministérielles et exerce des pouvoirs d'influence que beaucoup redoutent, car on sait qu'il est en ligne directe avec l'Elysée. Dans l'hôtel de Noirmoutier qui lui sert de résidence privée, il donne chaque année une réception qui attire le gotha de la politique, de la haute fonction publique et des Eglises. On y entend des confidences, on y espère des promotions, on y redoute des congédiements.

François Grosrichard
Article paru dans l'édition du Monde du 22.06.05

N.B. Ayant servi les deux préfets entre 2001 et 2004 (et profité des salons, jardin et table de Noirmoutier à plusieurs reprises), je vais respecter mon devoir de réserve, la courtoisie la plus élémentaire et en rester là.
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