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... de l'autre côté du miroir - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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... de l'autre côté du miroir [21e nov. 2004|11:26 am]
RacReciR
[Humeur |crushedcrushed]
[Ecoute |Bach - Fugue 10 en mi mineur]

Rendez-vous

de l'autre côté du miroir

Dimanche 21 novembre 2492

Cela fait maintenant 10 jours que j’alterne les inventions et cette dixième fugue de Bach.

...et je n'ai toujours pas réussi à franchir le miroir.


Il y a un miroir placé au beau milieu de cette fugue. Je suis encore coincé de l'autre côté.


J'ai dû, pour arriver jusqu'ici, franchir d'autres miroirs, moins grands cependant. La fugue dont je parle est relativement simple et se compose d'une première fugue complétée par son miroir.

Ce qui est à gauche passe à droite et vice-versa.


Mais dans chacune des parties, il y a déjà 2 miroirs qui sont placés et que je réussis à franchir à peu près.

Ca ne passe pas à tous les coups mais je distingue l'entrée des sujets et des contresujets et arrive à peu près à les chanter.

J'ai parfois encore du mal avec le doigté que je me suis imposé.
Je teste l'idée que Bach a voulu les mêmes doigtés pour l'ensemble de la fugue. J'ai trouvé une solution qui fonctionne. Cela donne parfois des positions inhabituelles pour la main mais j'ai constaté que cela allait de pair avec la musique : c'est, à chaque fois, l'endroit où Bach module le son pour changer de tonalité. Alors, tel le chien de Pavlov, j'interprète cette modulation comme un signal qui me dit de changer le doigté et de passer au suivant. Il suffit ainsi de retenir le doigté de chaque sujet et contresujet, de retenir les modulations et les altérations aux thèmes.
J'en suis cependant à flancher au niveau du miroir central.
C'est par manque de concentration. Une fugue demande une concentration permanente. Vous devez savoir à tout moment où vous êtes très exactement. Et c'est d'une précision d'horloge. Le moindre écart est immédiatement sanctionné par une dissonance qui rappelle douloureusement l'erreur à l'oreille.

La première partie de cette fugue comporte 19 mesures. Elle est écrite en doubles croches. C'est-à-dire que ça doit être joué rapidement (60 noires, soit 240 doubles-croches à la minute est un but minimal à se fixer).

Les 19 mesures prennent donc, mathématiquement, peu de temps à exécuter : 12 notes par mesure x 19 = 228 notes (à chaque main).

Je n'arrive donc pas à tenir plus d’une minute consécutive et m'aplatis contre ce miroir comme un papillon.

Ces 228 notes nécessitent cependant une concentration et une précision qui sont encore à la limite de mon apprentissage du clavier. Je vois le miroir central arriver et, là, au moment de le traverser, pris de vertige, je perds pied.

Le temps s'arrête.

Adossé au miroir, vous voyez ce que vous venez de jouer, à l'envers.
Il faut donc réussir à surmonter ce vertige pour aller au delà.

Tiens, un lapin blanc, drôlement vêtu ! Il porte (une redingote et) une montre à gousset à son oreille !?

Où va-t-il comme ça en marmonnant ?

Que dit-il encore ?

Ah oui ! C'est une fugue.

Oublié que nous étions dimanche.

Il faut continuer à travailler ces inventions .

Vite, vite. Je vais être en retard !

On se retrouve de l'autre côté
du miroir.

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