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Théorie des jeux (par Hercule(E.)) - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Théorie des jeux (par Hercule(E.)) [1er oct. 2005|12:59 pm]
RacReciR
[Humeur |cynicalcynical]
[Ecoute |Bach - Ricercar à 3]

Professeur Hercule(E.)Les jeux ont inspiré des théories qui ont été développées depuis des millénaires. L'Art de la Guerre, écrit par Sun Tzu, les résume toutes cependant.
La question est, pour un joueur, de maximiser ses gains (en termes savants, on parlera des équilibres de Nash).
Plusieurs stratégies sont alors possibles.
Pour être simple, il est possible d'optimiser les gains en s'appuyant sur la collaboration (et, par là même, en optimisant les gains respectifs). Cette solution est satisfaisante pour l'ensemble des partenaires qui finissent la partie généralement gagnants (on ne peut rien faire pour les vrais malchanceux).

La seconde stratégie est, elle, prédatrice : elle consiste à optimiser les gains au détriment des autres joueurs.
Les gains peuvent alors être maximisés.
Quand deux joueurs s'affrontent sans se connaître il est raisonnable, dans un premier temps, le round d'observation, d'imaginer que l'adversaire adoptera la deuxième stratégie.
Jusqu'à preuve du contraire.
Ce n'est pas une raison pour se transformer en prédateur soi-même pour autant.

La confiance est essentielle.
C'est elle qui conditionne la stratégie à adopter lors des parties suivantes.
Si vous n'avez pas confiance en votre partenaire/adversaire, vous ferez toujours l'hypothèse qu'il cherchera à maximiser ses gains même si le rapport entre les gains qu'il peut espérer et le coût que vous en payerez est disproportionné.
Le joueur prédateur ne reculera devant aucun sacrifice (des autres) pour maximiser ses gains.
C'est à partir d'un certain nombre de parties que la confiance peut éventuellement s'installer et qu'il devient alors possible de s'appuyer sur le première stratégie afin de partager équitablement le gain.

La question devient cependant délicate lorsque les enjeux sont très élevés : il est alors de plus en plus tentant pour un des joueurs de faire un "coup" et de rafler la mise.
Une alliance existe quand les buts des deux individus coïncident et qu'ils choisissent de mutualiser leurs efforts à leur bénéfice mutuel. La nature humaine est complexe cependant et chacun d'entre nous poursuit une multitude de buts plus ou moins avoués. Ce qui est prioritaire un jour peut ne plus l'être le lendemain.
Malheur à celui qui n'est pas capable de reconnaître le carrefour qui indique la fin de la croisée des chemins.

Les joueurs sont donc classés en quatre catégories (une matrice 2 x 2) : ceux qui jouent pour gagner coûte que coûte, ceux qui feront un coup si l'enjeu est élevé, ceux qui essayeront d'optimiser équitablement les gains et, dernière catégorie, la plus peuplée, ceux qui vont généralement perdre.

Je joue aussi longtemps que je pense mon partenaire équitable.
J'élimine ainsi rapidement les relations où je détecte un début de prédation.
Il est cependant impossible d'éliminer le cas du joueur qui fera un "coup".
Par définition vous lui faites confiance jusqu'au moment où il la trahit.
Après c'est trop tard.
Dans le coût du "coup", votre partenaire a forcément inclus le fait que vous ne jouerez plus avec lui désormais.
Puisqu'il vous a trahi.
L'Art de la guerre enseigne dans ce cas-là que le traître doit, si l'enjeu est réellement élevé, se débarrasser physiquement de son adversaire.
Le risque d'être poursuivi par une série de mesures de rétorsion étant trop élevé.

Vous comprendrez donc que le mot "jeu" est tout ce qu'il y a de plus théorique.
Le pion en question, c'est vous et moi.
Les Etats sont des machines sans aucun sentiment, qui feront toujours l'hypothèse que leur adversaire est un prédateur.
Toujours.
Ils sacrifient donc leurs citoyens sans l'ombre d'un début d'hésitation dès que l'enjeu leur paraît suffisamment élevé.
Relisez donc les livres d'Histoire si ce que je dis choque une morale policée du XXIème siècle. Cela a toujours été le cas depuis l'invention de l'écriture par les Phéniciens à nos jours.
Depuis que l'Histoire est écrite et enseignée. Même en tenant compte qu'elle a été écrite par les vainqueurs.
Forcément. Les vaincus ont toujours été éliminés physiquement.
Difficile donc pour eux d'exprimer un quelconque point de vue.

La peine de mort est la forme légalisée et policée de cette violence aveugle.
Il fut un temps où chasser le lapin sur les terres de son suzerain pour nourrir sa famille vous faisait encourir la peine de mort.
Au fil du temps, les critères de recrutement sont devenus plus exigeants.
Dans nos pays civilisés, nous nous parons de toutes les vertus et nous rehaussons du col qu'elle ait été abolie.
Ce n'est pourtant qu'une illusion.
De la poudre de Perlimpinpin jetée aux yeux des gogos, un paravent dressé pour apaiser la conscience des Tartuffes.

Comptez le nombre de personnes qui tirent d'abord et qui discutent ensuite.
Je n'ai rien inventé ici. Cela a été écrit il y a près de deux mille ans.
L'exécution légale a été abolie.
C'est un fait.
Il n'y a plus de guillotine dressée dans la cour des prisons et pourtant on y meurt davantage.
Les assassinats sous toutes les autres formes se portent très bien eux aussi, merci.
Regardez autour de vous : amiante, tabac, alcools, sang contaminé, les essais nucléaires dans le Sahara et dans les îles du Pacifique, ...

Quiconque meurt aujourd'hui de faim, de soif, de froid, de canicule ou que sais-je, est victime d'un assassinat!

George Orwell a écrit il y a des décennies "...la question n'est pas de savoir si la guerre est imaginaire ou si elle existe réellement.
La victoire n'est simplement pas possible.
Cette guerre n'est pas faite pour être gagnée.
Elle est menée dans le seul but d'être perpétuelle.
Une société hiérarchique est possible à la seule condition de se nourrir de pauvreté et d'ignorance.
Cette nouvelle version que l'on vous assène est le passé et aucun autre passé n'a pu exister.
En l'occurrence, l'effort de guerre est toujours planifié pour garder la population au bord de la famine.
La guerre est menée par le groupe dirigeant contre ses propres sujets et l'objet de la guerre n'est pas la victoire contre l'Extrême-Orient ou la Chine ou une quelconque puissance, mais de préserver intacte la structure même de la société.
"

Il faut toujours se fier à la première impression, établie sur des critères rationnels et mesurables.
Le premier contact et le premier message transmis déterminent (au sens quantique du terme) totalement la suite de la relation.
Je suis décidément très joueur.

C'est, paradoxalement, un avantage.
J'ai ainsi changé d'avis au sujet de l'interruption de grossesse.
Il faut que je m'explique.
J'étais jusqu'ici pour.
C'est le droit inaliénable d'une femme de porter un enfant.
Cela dit, une fois l'enfant là, il faut bien se résoudre à lui concéder des droits à son tour.
Un au moins.
Celui de vivre.
C'est quand même un événément aléatoire extraordinaire qui fait qu'un spermatozoïde et un ovule donnés se rencontrent pour créer un être unique.
De quel droit quelqu'un d'autre, fût-ce le géniteur, qui somme toute n'a que le mérite d'être déjà né et d'avoir évité d'être l'objet d'une interruption, disposerait-il d'un droit aussi excessif que celui de la survie de sa progéniture ?
Nous prétendons former une société civilisée et nous disposerions arbitrairement de la vie des plus faibles d'entre nous ?
Ceux qui n'ont même pas de voix pour se faire entendre ?
La peine de mort serait soudain acceptable parce que celui qui la subit n'est encore connu de personne.
Est-il vraiment acceptable de continuer à considérer un être à naître comme s'il n'était encore que l'assemblage d'un ovule et d'un spermatozoïde  ?

Une société civilisée devrait proposer à toute femme qui ne désire pas son enfant, pour des raisons qui sont siennes et que nul n'a à juger, de s'en charger (nous sommes forcément dans un cas où la contraception est un échec).
D'assurer son éducation dans des conditions optimales.
Des solutions existent depuis l'adoption jusqu'à l'orphelinat dans le pire des cas.
Ce pire des cas est quand même, du point de vue de celui qui subit les événements, bien préférable à la mort qu'on lui promet actuellement parce que l'on ne sait qu'en faire.
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