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piéton véloce (vélocipède) - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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piéton véloce (vélocipède) [21e oct. 2005|11:22 am]
RacReciR
[Humeur |energeticenergetic]


Ainsi donc Bertrand Delanoë, Maire de Paris, s'est fait huer lors des essais de la première motrice du futur tramway, boulevard des maréchaux, par les riverains mécontents.
La foule en colère s'est réunie pour manifester son ire devant les travaux et ses nuisances qui encombrent le paysage depuis de si longs mois.
C'est la malédiction qui s'acharne sur les hommes politiques qui engagent des réformes et tentent de faire aboutir dans le réel la vision d'une ville utopique, ancrée dans l'imaginaire collectif.

C'est pourtant Thierry Desmarets, PDG de Total-Elf-Fina, interrogé sur France 3 il y a quelques jours (France Europe Express) qui annonce calmement que les réserves mondiales de pétrole couvrent les besoins pour une durée allant entre une quarantaine et une soixantaine d'années.
Il ajoute aussi, au détour d'une phrase, que le prix du baril est ridiculement faible et qu'il faut s'attendre à ce que celui-ci, qui fluctue aujourd'hui dans la zone des 60$, aille rapidement flirter dans la zone des 200-300$.
Voila des informations qui devraient secouer le landerneau et dont je n’ouis pas d'écho dans la presse qui, comme tout le monde le sait, informe ses lecteurs.

Ainsi le baril serait bientôt à 300$ et la source aura tari, au plus tard, en 2065.
Les conséquences à long terme sont claires : plus de moteur à explosion.
Plus de voiture à essence, diesel.
Plus d'avion.
Plus de cargo (diesel).

On nous annonce également, faute de recherche de solution de substitution, que cette fin de siècle nous verra revenir à l'ère des dirigeables, des voiliers, de la bicyclette et autres modes doux de transport.

Ce n’est pas pour me déplaire personnellement. J’essaye simplement d’imaginer l’organisation de notre société, privée de sa chère tuture.

Que pensez-vous donc que fera le citoyen lorsque le prix de son litre d'essence sera affiché à 4 ou 5 euros ?
Normalement, mais ce n'est bien entendu que le fruit de mon imagination débridée, il devrait mettre sa caisse sur cals, démonter les pneus, débrancher les câbles de la batterie, la couvrir d'une bâche de protection et ranger les clefs dans le tiroir où sont gardés les vieux souvenirs.

Et ne voilà-t-il pas notre conducteur urbain, contraint de se rabattre sur les solutions de transport en commun qui lui sont accessibles.
Dans la bonne humeur et l’allégresse générales.

Notez, au passage, que la plupart des entreprises privées assurant un transport par bus devraient connaître des difficultés croissantes allant jusqu'à l'arrêt rapide d'exploitation (comment voulez-vous être rentable avec un litre d'essence à 5 € ?).

Il ne restera donc plus, à moyen terme, que le rail (métro, train, tramway) et quelques lignes bus assurées par des entreprises relevant du service public et alimentés par les centrales nucléaires.

Croyez-vous, chers amis, que les infrastructures de transport en commun aient été dimensionnées pour supporter un doublement brutal des flux transportés ?
Vous qui prenez le métro aux heures de pointe, imaginez un instant que la horde écrasante (c'est le mot) de conducteurs de voiture se voient contraints d'abandonner leur joujou bien aimé et, pleine d’entrain et de bonne humeur matutinale, pèse de son nombre dans les couloirs et les rames bondés.

J'imagine le scénario Orwellien où le quidam moyen ferait la queue à 4 heures du matin devant les grilles closes pour, au pas de course, se précipiter dans le premier train au départ. Malheur à ceux qui ne seront pas aux terminus. Les trains devraient en effet partir bondés dès la première station avant de déverser leur flot atrabilaire dans le centre-ville.
C'est au chausse-pied qu'il vous faudra entrer dans la rame ou à la rame qu'il vous faudra aller au bureau.

La France se prépare gentiment à la fin du pétrole en mettant en oeuvre les conditions de reprise de l'exploitation du nucléaire (Cf. le bras de fer avec le Japon pour l'implantation à Cadarache de la centrale de "recherche" Iter).
Il serait sans doute judicieux de préparer aussi les infrastructures de transport collectif pour tenter d'absorber le doublement des flux et, surtout, irriguer les banlieues qui jusqu'ici  n'avaient pas d'autre choix que de prendre leur voiture.

Il a fallu une dizaine d'années pour creuser les quelques  kilomètres des dernières lignes de métro/train de banlieue. Calculez vous-même le temps qu'il faudra pour doubler la capacité actuelle.

Ceux qui huent Delanoë devraient redoubler dans leur ardeur mais pas pour les mêmes raisons.
Qu'attend-on pour déclarer les transports collectifs comme grand projet européen et proposer fissa (pendant qu'il reste du pétrole pour alimenter les machines-outils) des solutions innovantes de transport pour cette deuxième révolution industrielle qui s'annonce et vers laquelle nous nous dirigeons la fleur au fusil ?

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