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Au travail ! [11e oct. 2004|05:32 pm]
RacReciR
[Humeur |busybusy]
[Ecoute |Bach - évidemment]

Au travail !

Je commence aussi à distinguer des patterns dans la musique que je joue. Toujours les mêmes morceaux, les inventions de Bach et quelques variations sur ce thème (j'apprends le concerto italien qui n'est pas une mince affaire).

J'ai fini par distinguer un certain nombre de mouvements que la main doit avoir appris par cœur avant que le morceau puisse être correctement exécuté.

Ce sont des suites logiques de doigtés 1,2,3,4,5 qui font que la main se déplace harmonieusement et quasi-continûment sur le clavier lors de l'exécution. Il faut reconnaître rapidement le mouvement et savoir retenir les enchaînements.

L'apprentissage se fait donc à un niveau d'abstraction supérieur : je ne lis plus la partition note à note mais je cherche (et trouve parfois) des suites de notes dont l'exécution forme un geste précis de la main. Geste qui sera combiné puis modulé à d'autres gestes qu'il s'agit de déterminer tout au long du morceau.

Je suppose qu'un ordinateur qui calcule est un matheux intuitif.
J'entends par là que je ressens intuitivement si un algorithme est vrai ou pas dans un système donné. Un tel algorithme, ou théorème, fait souvent vibrer une corde particulière en moi. C'est ainsi que j'apprends la musique : je retiens les intervalles de temps et d'espace ainsi que leur combinaison et la progression de ces combinaisons. Ces calculs intuitifs sont donc couplés à la découverte et le perfectionnement des gestes que ces opérations produisent dans l'espace-temps. L'objet du calcul est de découvrir un doigté qui optimise (minimise) le
déplacement de la main.

J'ai abandonné les échecs parce que je n'arrivais pas à franchir un seuil que j'avais laborieusement atteint, en dépit de ma pratique croissante. Je n'arrivais pas à découvrir des mouvements, mêlant les pièces du jeu et les cases alternativement blanches et noires.

J'ai fait plus de progrès en 6-7 ans, adulte, au piano, qu'après une dizaine d'années où enfant je pratiquais assidûment les échecs.

J'aurais pourtant pensé que je serais meilleur aux échecs qu'au piano.
Je ne supportais pas, au fond de moi-même, la symbolique guerrière et violente de ce jeu dont le but final est de terrasser l'adversaire sans lui laisser une porte de sortie honorable.
Vaincre ou mourir.
Comme quoi on ne se connaît pas soi-même.

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