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entendre la musique [30e oct. 2005|11:53 am]
RacReciR
[Humeur |attentif]
[Ecoute |Bach - ricercar à 3]

J'entame le huitième chant.
J'ai fait un noeud dans mon mouchoir électronique.
Je me suis envoyé un message, à mon autre adresse, pour me rappeler d'effectuer une action.
Je me programme ainsi dans l'espace-temps.
Mes instructions concernent des actions que je dois effectuer dans un univers parallèle.
Il fut un temps où l'on faisait un noeud dans son mouchoir, aujourd'hui on s'envoie des mails.
Il m'arrive régulièrement de m'écrire dans un sens ou dans l'autre. Toutes les petites corvées du quotidien que, par crainte d'oublier d'effectuer, je me suis programmé à réaliser de façon quasi-automatisée.
Ne surtout pas divertir une seconde de réflexion pour les réaliser.
Ne requiert aucun raisonnement.
La musique est affaire d'entendement.
Ecrit, cela semble un truisme. Apprendre à jouer d'un instrument, prétendre produire le son musical, retranscription fidèle de la pensée du compositeur, reste cependant une autre affaire.
C'est ainsi que je visualise les sons produits comme autant de boules lumineuses (le terme est impropre puisque la sensation est auditive mais l'image est correcte) qui, chacune, accompagne une des voix que je chante. Je m'attache alors,  quand ma concentration le permet, à sculpter chacune des lumières de façon indépendante, lui apportant la texture et ce mélange de couleurs qui lui est propre. Chaque note qui forme le chant produit des harmonies dont l'intensité résonne en fonction de la note et des vibrations qu'elle développe. Un train d'ondes naît ainsi. La boule lumineuse brille de son plus bel éclat alors qu'elle se promène au fil de cette onde stationnaire. Le pianiste, tel le gardien d'un phare, est là pour entretenir la flamme, s'assurer qu'elle brille en permanence de son plus bel éclat.
Il est à l'écoute de la mécanique précise de son instrument et des détails de son environnement, attentif à la moindre variation de nuance, ravive la flamme ou laisse la lumière jaillir, dépeignant la nuit qui l'entoure d'un pinceau de lumière cohérente.
Il est cependant une lumière supplémentaire. Celles qu'entrelacées, pulsent toutes les boules lumineuses.
Leur combinaison, tour de main de l'artisan, produit des chromatismes et une résonance particulières.
Le musicien est, à cet égard, spectateur de ce dernier événement qui échappe à son contrôle, magie de la musique. La lumière finale qui jaillit, assemblage quasi-mécanique de projecteurs sonores, magistralement disposés par l'architecte, combine la complexité des harmoniques produites par chacune des voix. La résultante de cette action n'est pas à entendre dans cette dimension. L'univers produit par ces voies musicales est l'intersection holographique des pinceaux de lumières cohérentes. L'hologramme construit, dans l'espace-temps où elles se déploient, des cathédrales baroques dans lesquelles résonne le chant même qui les constitue.
L'édifice, une fois construit, est d'une robustesse remarquable.
Se remémorer les piliers essentiels.
Se souvenir du détail.
Jongler avec chacune des voix pour invoquer l'éphémère.
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