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Le bonheur du vide [26e nov. 2005|01:23 am]
RacReciR
[Humeur |quixoticquixotic]
[Ecoute |Bach - Suites Françaises]

fumisterie
J'ai écouté Paul Nizon ce soir.
Un de ces moments de grâce.
Qui vous réconcilie avec la télévision.
A 1 heure du matin passée.
Sur Arte, bien entendu.

L'homme affronte-t-il plus facilement la mort quand il a joui dans un monde artistique, utopique ?
Il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse.
C'est l'enseignement principal qu'apporte la musique.
La catastrophe originelle est ainsi sublimée par cette harmonie dont l'excitation permanente résonne avec les pulsations de l'univers.
L'art est le médium qui offre une interface directe, virtuelle, qui interpelle tous les sens.
Il faut cependant prendre garde que l'utopie ne se transforme en totalitarisme.
C'est le risque que fait encourir toute passion vécue aussi intensément.
En politique, sociologiquement, ces travers ont abouti aux dictatures que nous enseigne l'Histoire.
Cela fut pareil dans le monde des Arts.
Il fut une époque et des endroits où peindre un visage, un corps, un nu furent interdits.
La musique était considérée sacrée ou alors hérétique en fonction des religions. Parfois, les deux en même temps.
La littérature regorge des oeuvres maudites, voués au bûcher et qui valurent les pires ennuis à leurs auteurs.
Les sciences ont aussi, de tout temps, fait l'objet d'une attention particulière. Les religions pouvaient difficilement nier l'évidence.

Le modus ponens.
Si telle condition est remplie alors telle action se produit avec telle probabilité.
Vous pouvez toujours décréter que la terre est le centre de l'univers et publier une loi en ce sens.
Le jour où le premier quidam venu est capable de comprendre les calculs qui lui montrent l'organisation du système solaire, il devient difficile de soutenir le contraire.
Cela peut passer un moment. Mais le bon sens finit par l'emporter.
Le calcul fait foi.
La seule possibilité qui demeure pour freiner durablement l'évolution des sciences et arts, des libertés en somme, est de contrarier ou d'interdire la formulation des hypothèses.
Poser un interdit qui écarte ces possibles.
Sous peine de poursuites judicaires ou des flammes de l'enfer.

Des livres furent interdits et brûlés.
Giordano Bruno périt au bûcher.
La Sainte inquisition fit régner la Loi.
Galilée fut menacé de mort.
Lavoisier fut guillotiné, quoique pour d'autres raisons.
Les théories de Darwin sont régulièrement combattues.
Tous les grands compositeurs tels Bach, Mozart, Beethoven furent persécutés et harcelés.
La religion est une passerelle indispensable pour la majorité.
Elle ne l'est pas pour une minorité.
Il est difficile, en ce XXIe siècle, d'affirmer une opinion scientifique qui porte sur le sujet religieux.
Les églises ont interdit que la religion fût un sujet de recherches scientifiques.
Comment, en effet, accepter un modus ponens pareil : si tous les systèmes sont calculables alors quel que soit le système nommé dieu, il existe un algorithme qui permet de le décrire dans un temps éventuellement infini.
C'est le théorème de Gödel exprimé en français.
C'en est une instanciation.
Ce théorème dit clairement que nous ne saurons jamais.
Il n'est pas possible de prouver scientifiquement que Dieu existe.
Qu'il y a une intention dans la Création.
Si quelque chose qui est dieu existe alors il ne peut être mesuré.
Il n'est pas possible non plus de prouver le contraire.
Notre intelligence, basée sur la logique, se heurte à cette limite absolue.
La question est indécidable.

Bien plus intangible que la vitesse de la lumière.
Que peut bien vouloir signifier la vitesse de la lumière dans un univers où la logique que nous connaissons n'aurait pas cours ?
Nous ne pouvoir établir de probabilités qu'à partir de phénomènes que nous pouvons mesurer.
L'instrument détermine donc la précision de la mesure.
Ce fut le mètre de platine. C'est aujourd'hui la variation de longueur d'onde d'un atome de Césium.
La théorie quantique a complété la physique newtonnienne.
Les applications de ces découvertes sont visibles partout dans l'univers.
Les réseaux qui permettent à ce message d'être émis sont directement issus de la découverte de Galilée (et de tant d'autres avant lui) par une interminable chaîne de modus ponens.
Moins de 400 ans se sont déroulés entre ces deux événements.
La Terre et l'homme remis à leur place et l'avénement de l'annihilation nucléaire.
Le néant ou la tentation du vide.

Au commencement était la logique des prédicats.

Ce n'était pas l'objet de l'émission d'Arte de ce soir.
Celle-ci portait sur le désir et la mort.
C'est la réflexion qu'elle m'a cependant inspirée.
Un miroir déformant en quelque sorte.

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