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Il m'arrive souvent de ne pas être d'accord avec les personnes que je… - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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[27e nov. 2005|11:19 pm]
RacReciR
Il m'arrive souvent de ne pas être d'accord avec les personnes que je côtoie.
J'ai appris, avec l'âge, à considérer cela comme une chance.
L'ennui commence souvent à poindre son nez quand ronronne la satisfaction et la béatitudes partagées.
Entendez-moi bien, je ne cherche pas pour autant le conflit.
J'exprime mon désaccord. Ce différent concerne généralement une  idée ou un concept que je me trouve  instancier de façon différente de celles qui me sont proposées.
Je tente alors d'analyser les considérations qui amènent mon interlocuteur, que je présume aussi soucieux que moi de respecter sa vérité, à construire une représentation aussi différente que celle que j'ai pu tirer des mêmes phénomènes observés.

La musique et l'Art sont un exemple particulier.
Je suis amateur de musique Baroque.
La quintessence de la musique non émotionnelle ainsi que la décrit une amie qui oppose Liszt et Bach dans un Yin et Yang musical.
L'émotion et le mathématique.
Le brillant et la vacuité.
Je ne perçois pas de différence.
C'est ainsi que je me retrouve, naturellement, en désaccord.
Mais ayant déjà eu cette discussion avec elle,  je la soupçonne de vouloir m'entendre argumenter plus précisément.
Je me sens profondément matheux et non moins profondément romantique.
Bach incarne ma vision du romantisme.
Discrète.
Je réfute le flamboyant comme définition ou comme compagnon inséparable du romantisme.
La lumière blanche opposée à la couleur.

Qui de Cyrano de Bergerac ou de Christian de Neuvillette est le plus romantique ?
Celui qui hurle à tout va "je t'aime" ou celui qui sacrifie son amour en cédant ses vers et l'objet de ses rêves à son rival ?
Est-ce celui qui flambe en Porsche ou celui qui, plein d'attention, veille à devancer le moindre désir de l'être cher sans jamais se mettre en avant ?

La différence entre Bach et Liszt est en effet considérable.
Elle reflète 200 années d'évolution de la musique occidentale.
Bach a entendu un pianoforte pour la première fois en 1747 quand il fut reçu par Frédéric de Prusse qui en avait commandé une dizaine à Sielberman (il avait été déçu par les premières versions présentée en 1726).
Ainsi, si l'histoire est vraie, le ricercar à 3 a été improvisé par Bach sur un pianoforte qu'il découvrait.
D'où ce thème en notes longues qui permettent au vieux génie d'entendre les premières harmonies développées par l'instrument.
Puis, au fur et à mesure que la maître entend le potentiel de l'instrument, il construit son chant.
Le thème sonnera à dix reprises tout au long des trois voies que tissent cette fugue.
Vous pouvez écouter toutes les versions de cette fugue au clavecin. Vous entendrez rarement les thèmes chantés par la voix médiane.
L'Alto.
La voix favorite de Bach.
L'instrument qu'il affectionne et dont il tient la position dans l'orchestre familial.
C'est donc cette voix qu'il faut utiliser comme pierre de voûte. C'est elle qui guide la main de l'architecte.
La fugue, dans l'art du contrepoint, ressemble étrangement à la construction d'une cathédrale.
Style épuré, économie des moyens.

L'invention du piano date de 1726. Erard inventa le double échappement (qui permet de jouer un note répétée très rapidement) en 1823.
Chopin et Liszt n'auraient pas existé s'ils n'avaient été nourris de Bach. Que dis-je, infusés dans Bach.
Le contrepoint est souvent vu par nos esprits occidentaux comme une architecture rigide, contraignante et, en dépit du talent du compositeur, incapable de véhiculer des émotions.
C'est aussi vrai que les amours galantes du XVIIe siècle, la carte du Tendre et les précieuses des salons parisiens.
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