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basse chiffrée [23e déc. 2005|01:15 am]
RacReciR
[Ecoute |Bach - ricercar à 3]

Cela fait quelques jours que je me prends à trouver certains passages du ricercar à 3 correctement harmonisés.
Je parle ici de ma pratique personnelle.
Je persistais cependant à trouver l'entrée insatisfaisante.
Et, globalement, les 6ième, 8ième et 9ième reprises du thème me déplaisaient prodigieusement.
Cela fait beaucoup pour une fugue que je travaille depuis 6 mois.
Ce n'est que ce jour que j'en ai réalisé la raison : je chantais ces 4 thèmes-là à la main droite.

Je débutais ainsi traditionnellement la fugue en soprane à la main droite pour, continuant le chant, laisser la main gauche reprendre à l'alto.
Bien que gaucher, je me suis donc laissé prendre au piège et, jouant maladroitement le thème, j'avais tendance à le négliger.
C'était une erreur.

C'est la main droite qui commence (il est possible d'entamer de la main gauche ce qui conduit à une autre analyse)..
Si Bach est droitier.
Mais chez lui, c'est souvent la main gauche qui commande.
Celle qu'il libère pour diriger l'orchestre.
Toutes ses compositions pour clavier sont contrapuntiques, c'est-à-dire que le jeu se répartit sur tous les registres exprimés.
Il est ainsi le premier compositeur à avoir inventé en 1741 déjà, 30 variations, dites Goldberg, basées sur un aria (repris en da capo) dont le thème chante à la basse.
Pas question, pour un interprète, de favoriser l'une des voix.
Au clavecin ou au clavicorde, ce jeu de registres est naturel.
L'instrument, à cordes pincées ou frappées, ne permet pas de moduler le son.
Au piano, en revanche, il est aisé de mesurer la différence.
Les aigus sont toujours entendus alors que les basses peuvent être noyées comme accompagnement.
C'est donc à l'interprète de retrouver les registres et de les exprimer.
La basse devient essentielle.
C'est elle qui guide le chant.

Il suffit donc de concentrer l'écoute sur la main gauche pour que le miroir s'éclaire.
La main droite joue le contrepoint et l'équilibre de l'une est constitutif de celui de l'autre.
Un fractal peut ainsi être déduit à partir de n'importe lequel de ses éléments primitifs.
Ces fragments, issus de l'imaginaire de l'artiste, sont le produit de son cerveau gauche.
Celui, auditivo-temporel, qui interface l'imaginaire.
Il est légitime que le chant de gauche prime dans le contrepoint.

Entrepris de modifier le jeu pour tenir compte de cette hypothèse.
La fugue est entamée par la main droite qui passe l'arme à gauche à la fin de l'exposition.
La main gauche va ainsi, finalement, chanter 6 des 10 thèmes exprimés.
2-3-4-5-7-10 (dont la somme égale 31).
1-6-8-9 à la droite.
Le déséquilibre est donc bien intentionnel.
C'est la main gauche qui construit , qui conduit et qui clôt.
Garder en permanence à l'esprit que cette fugue est une improvisation au piano, que découvre Bach.
L'ambidextre musical qu'il est a donc naturellement exploré les nouvelles sonorités de l'instrument qui s'offraient à son talent.
Le piano développe des harmoniques d'une grande richesse qui se constituent à partir des basses (les fréquences de base).
Il était donc naturel que cette fugue, une recherche (ricercar) aux dires même de son auteur, explorât ces nouvelles sonorités.

Ci-dessous,  les 10 thèmes successifs en indiquant la voix correspondante (Soprane, Alto, Basse), la main qui chante le Thème (Gauche, Droite), le numéro de la mesure de début, l'intervalle entre 2 thèmes et la longueur des sections..

Thème

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

Voix

S

A

B

B

A

S

B

S

A

B

Main

D

G

G

G

G

D

G

D

D

G

Mesure

1

10

23

46

59

72

95

141

153

169

Durée

9

13

23

13

13

23

46

12

16

17

Section

45

49

46

45


Une partie de l'architecture de la fugue est exposée en vrac ci-après.
J'ai renoncé à mettre de l'ordre et développer devant la complexité de la tâche.
 
La description proposée ici est donc une image déformée : auto-référentielle mais incomplète.

4 sections, reflet des 4 fragments du Thème.

Esquisse de cette 3ième section.
L'invocation d'un paradis sériel après la 7ième évocation du Thème Royal.
Mesures 111 à 141.
Délimitées par deux silences, appel du vide, et si intimement mêlé au thème.
111 + 31 mesures.
La 141ième mesure (14 en miroir ) servant de charnière avec la 4ème section.
C'est là que s'inversent les registrent.

Rester ici à ce niveau d'analyse.
Il serait possible de tenter d'effectuer les appariements entre thèmes, les regrouper par type, en fonction des contrechants, opposer les miroirs, etc.
Il n'est pas possible de faire tout cela au cours d'une seule même interprétation.
Il faut choisir un fil conducteur et dérouler la recherche de sonorités.

De l'autre côté du dernier miroir.
La coda débute mesure 171, 14 mesures avant la résolution finale en Do Majeur alors que la fugue est en do mineur.
Le Yin et le Yang.
Quelques minutes à peine après avoir découvert un piano, Bach signe ce ricercar à 3 voix , improvisé, disions-nous.
Les 185 mesures qui le composent.
1+8+5=14.

Entendre chacun de ces 10 silences fait l'objet de l'apprentissage actuel.
C'est un art long à acquérir.
Quaerendo Invenietis a indiqué Bach : cherche et tu trouveras.
Encore quelques répétitions en perspective.
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