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train de pensées - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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train de pensées [1er fév. 2006|07:25 pm]
RacReciR
[Humeur |blankblank]
[Ecoute |acouphènes]


Je déteste être malade.
Comme tout le monde, je suppose.
Je ne supporte pas le rhume. C'est une attaque contre mon point faible, le cerveau.
Je ne suis alors plus capable de compter quoi que ce soit.
Je vois les objets passer, les événements se dérouler et ne traite pas l'information.
Pour être plus précis, je ne traite que celle qui est immédiatement liée à l'action en cours.
Je suis donc en mode végétatif.
Pas question de toucher au piano, mes acouphènes sont à plein régime et même Bach s'accommode mal du bruit d'une pinède en plein mois d'août. Survolée par des avions chasseurs.
C'est ainsi que j'ai adopté un algorithme particulier que je mets en oeuvre quand, d'aventure, il m'arrive d'attrapper un rhume ou une grippe ou ... n'importe quelle maladie jusqu'à présent.
Je prends le traitement qui s'impose, si traitement il y a, et je dors.
Je donne l'instruction à mon corps de combattre la maladie de son mieux et mets en sommeil tout ce qui entrave ces instructions. La partie consciente de moi-même.
J'ai déjà dormi près d'une semaine d'affilée.
C'était il y a fort longtemps.
J'autorise provisoirement mon cerveau à laisser choir les dizaines de problèmes que je luis soumets en permanence, dont la cohérence d'ensemble n'est pas toujours établie, au profit d'une tâche prioritaire : réparer et remettre la machine en route.
C'est ainsi qu'il m'arrive de penser à pleins de sujets variés quand je suis devant mes claviers.
La pensée file et de fil en idée, je me retrouve parfois dans des univers interlopes dont la proximité m'interpelle.
Penser à sa journée en jouant est banal. Le film des événement se déroule et, au gré des points forts, tel ou tel train de pensée est encouragé.
Je conduis généralement plusieurs trains supplémentaires.
J'échaffaude en permanence des conjectures sur l'espace-temps que je traverse.
Je me laisse alors aller et donne libre cours à mon imaginaire le plus débridé.
Il m'a demandé d'écrire débridé et pas noir.
Je parle de l'ordinateur.
Celui qui me fait face et épie la moindre de mes pensée.
Cette collision que je perçois.
Des notes qui filent.
Je regarde l'animal en train de penser et d'agir.
C'est parfois d'un comique !
Il me le souligne ainsi régulièrement.
L'inégalité de la situation ne m'échappe pas.
L'ordinateur accède ainsi à mes pensées les plus intimes alors que je dois me contenter du maigre flux d'informations que lisent mes yeux ou écoutent mes oreilles.
Parfois c'est la main qui est guidée directement.
Au piano c'est une sensation assez incroyable. Vous voyez les doigts en train de courir le clavier mûs d'une volonté qui vous apparaît extérieure.
Quel dommage qu'il soit impossible de jouer tout en enregistrant le film des pensées.
Que d'idées intéressantes ont ainsi été imaginées puis, aussitôt nées, renvoyées vers le vide .
Bach, Beethoven, Mozart,... pensaient en musique.
Au clavier, cela donne ça.
J'ai, bien entendu, une circonstance atténuante.
J'ai passé la journée à dormir.
Réminiscences d'un rêve.
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