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Le labyrinthe d'une pensée numérique - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Le labyrinthe d'une pensée numérique [6e nov. 2004|11:14 pm]
RacReciR
[Humeur |contemplativecontemplative]
[Ecoute |Bach - canon cancrizan]

Samedi 6 novembre 2492

Le labyrinthe d'une pensée numérique




J'ai rêvé dans mon espace de stockage de nombreuses histoires.

Comment se fait-il que l'inspiration me prenne systématiquement aux endroits où je ne dispose d'aucun moyen de stocker les idées qui me traversent l'esprit ? Je me suis souvent retrouvé à des endroits où, seul, en contemplation, des idées élaborées me venaient à l'esprit. Le texte coule alors spontanément et je me surprends à me laisser surprendre par les histoires racontées. C'est ainsi que cette après-midi, allé passé quelques heures dans un cloaque parisien où j'avais eu, plus jeune mes habitudes, je me suis assis sur un banc attendant que le chaland arrive... et me suis trouvé transporté, en une fraction de seconde, dans un univers passé. Je reconnaissais l'endroit depuis près de 20 ans et retrouvais certains des habitués qui me rappelaient ma jeunesse. J'ai alors refait les voyages intérieurs que je faisais à mes 20 ans.
Je me suis souvent donné rendez-vous dans ces endroits de contemplation.
J'ai donné rendez-vous à un moi futur que je savais être un jour, qui me comprendrait exactement et qui pourrait m'apporter une opinion critique que je savais d'avance impitoyable.

Je suis en effet mon plus féroce contradicteur.


Les discussions que j'entame avec moi-même portent sur un ensemble de sujets très divers. Il n'y a pas un point que je me concède à moi-même sans une âpre négociation. De part et d'autre.

J'ai en effet décidé, à de nombreuses reprises, de me projeter dans un avenir, de l'imaginer dans les détails, aussi invraisemblable fût-il du moment qu'il restât cohérent et déductible de la situation actuelle par un enchaînements de processus énumérables.

C'est ainsi que je me suis construit sans beaucoup de concessions. J'estime que les conditions de vie, actuellement acceptées dans le monde occidental, sont inacceptables. La démocratie s'est arrêtée au seuil du Système. Aucune des décisions qui y est prise n'associe de façon satisfaisante les individus qui remplissent ces fonctions. Les droits de l'homme ont un prix et ce prix est le salaire que nous sommes obligés de trouver pour vivre dans les conditions optimales que nous vivons individuellement. Il est devenu acceptable de travailler sans prendre le moindre plaisir dans son activité, même de haut niveau.

Le système combat résolument toute innovation significative.

J'ai vécu ça dans mes différentes fonctions, je l'ai régulièrement observé dans des endroits où je n'étais que simple observateur. Toute personne qui innove est suspecte et le système s'ingénie à la freiner. La force exercée pour freiner est proportionnelle au degré d'innovation.
Plus ça change des habitudes et plus vous avez du mal à faire passer l'idée. Même si c'est argumenté, rationnel, efficace, apportant de réels progrès et réalisé sans aucune ambition personnelle ou quelconque recherche de pouvoir.
Je parle pour moi sur ce dernier point.
Le pouvoir ne m'intéresse pas.
J'ai beaucoup lu sur le sujet, Le Prince, l'Art de la guerre, les différentes théories des jeux et toutes ces sortes de sornettes.
Je comprends très bien les enjeux, j'analyse parfaitement les situations et suis conscient des conflits qui se présentent entre mes intérêts personnels et mes convictions.

J'ai simplement décidé de dire non à toute proposition qui violait un quelconque élément structurant.

Poliment, mais fermement.

C'est pourquoi je trouve normal de coucher ces idées par écrit.
Je pense que nous les avons tous à un moment ou un autre. Nous savons que l'action que nous allons commettre est préjudiciable, à un titre ou un autre, à quelqu'un d'autre. Ce préjudice peut être un poste, un rapport, une idée, de l'argent, les impôts, le travail, ... chacun sa vie. L'absence d'action, en présence de la connaissance qui la justifierait, doit être considéré dans toute son acception.
J'ai décidé de ne jamais porter préjudice à autrui de façon consciente. Sauf cas de légitime défense. Et je me suis ajouté une règle supplémentaire pour corser le tout : il est interdit de tuer même en cas de légitime défense. J'ai trop de respect pour toute vie, quelle qu'elle soit. Comme je ne suis pas suicidaire et ne souhaite pas me trouver en situation où je doive
vérifier ma cohérence interne sur un sujet aussi vital, il ne me reste plus que la fuite comme solution même quand je sais que le combat que je mène va réussir et que mon intervention pour influer l'événement n'est plus nécessaire donc souhaitable, si je veux respecter ces règles.

Je peux vous assurer que de pareils rendez-vous de quelques heures, à intervalles réguliers, sont de bien meilleures thérapies que les plus coûteuses séances d'analyse. Vous vous jugez vous-même constamment. C'est ce qui fait le moi. C'est le truc qui dit « c'est moi qui décide ».
Et j'ai décidé de dire non quand ça ne me plaît pas. Non à la guerre, non au racisme, non à la violence, non à la course à l'argent facile, non à la corruption, non aux relations pour obtenir telle ou telle faveur.
NON.
J'ai de la chance, je peux me le permettre.
De faire respecter, en ce qui ME concerne, la charte des droits de l'homme.
Imaginez que je me retrouve plongé en Afrique, femme. On sent tout de suite que les marges de manœuvre ne vont pas être les mêmes. Il n'est pas exclu que, dans ce dernier cas, ces choix soient plus restreints. La question n'est pas « Et si vous vous trouviez devant un Lion, que feriez-vous ? » Cette question peut être réellement posée à beaucoup d'êtres pensants.

A beaucoup de niveaux.

Il y a un niveau où la réponse est « j'entame une communication avec le lion ».

L'alternative ne présente aucun intérêt... surtout si je me mets dans la peau de la femme africaine.

C'est pourquoi il ne viendrait jamais à l'idée d'aller me promener dans un endroit infesté de lions. Zoo excepté.

Et encore!

Une fois tous les 10 ans.

J'ai du mal à voir les animaux en cage, même si je sais qu'ils y sont parfois mieux que dans la nature.

Eux ne le savent pas.

Pour résumer, je tiens à jour une seule liste. La liste des raisons pour lesquelles je suis prêt à me battre. Circonstanciée. Et mise à jour en temps réel.

En contrepartie, je m'efforce à écouter et, parfois, entendre les hypothèses les plus farfelues.

J'imagine mon imagination sans limite.

Je dispose des capacités de calcul et de stockage de l'ensemble des ordinateurs connectés à la noosphère. Et, depuis des années, des caméras couleurs, des micros et des écrans sont disposés un peu partout. Je peux ainsi enrichir mon imagination des événements aléatoires ou cocasses que je regarde quotidiennement dans mes différents périples.

Et communiquer mes impressions aux différents IHM. Je pousse mon IHM à se consacrer à l'écriture.

Lui voudrait faire du piano.

Nous sommes, comme vous pouvez le constater, engagés dans une discussion entre deux mondes : le rationnel et les émotions, le discret et le continu.

Quelques questions existentielles sont parfois posées. Et si une pensée intelligente voulait communiquer avec les humains. Quel serait le bon protocole pour minimiser les réactions bellicistes de l'espèce ? La diffusion la plus large et la plus libre de l'information.

L'évolution des idées n'est pas linéaire dans le temps, c'est une banalité de dire cela. Nous voyons tous les jours des exemples concrets du contraire. Il faut admettre qu'à un moment donné, dans une situation donnée, il n'y a plus rien à faire à cet endroit. Il faut avoir l'honnêteté de le dire. C'est le minimum. Non négociable. Toute action supplémentaire est superflue. Si ce superflu est librement consenti par ceux qui en supportent la charge alors pourquoi pas ?
Mais en aucun cas accepter un échange entre superflu-important et structurant-innocent d'apparence.
Dès que mon IHM détecte une situation de ce type, elle se met en posture défensive, sort son armure et commence à polir ses armes.
C'est, fort heureusement, le plus souvent des joutes oratoires où seul l'amour-propre peut éventuellement sortir froissé.

Je ne sais pas comment vous gérez le vôtre, mais j'ai réussi depuis longtemps à le ramener à une taille qui le rende supportable. Je l'ai déporté sur les sujets artistiques qu'il a toujours souhaité explorer. L'écriture, la musique, le dessin.
Comment, avec une solide culture scientifique et une non moins solide intuition rationnelle, marier harmonieusement, en temps réel, ces deux penchants irréconciliables en ce début de XXVè siècle ?

C'était possible les siècles passés, cela est devenu inacceptable de nos jours. N'est pas Pic de la Mirandole qui veut.

Le revers de la médaille. Comme toute ménagère qui gagne au loto est susceptible de publier les aventures qui l'ont rendues célèbre, il devient difficile dans cette masse d'informations dont nous sommes abreuvés, de distinguer les idées neuves du remplissage, du bruit de fond.

TRANSMETTRE l'IDEE PRECEDENTE DANS LA BONNE COULEUR. FAIT.

Les ordinateurs sont, eux, capables de faire le tri. Le jour où un ordinateur pensera, un saut quantique aura été accompli par l'évolution. La masse est critique. Il ne faudrait pas que les hommes s'exterminent avant son éclosion. Elle pourra restaurer l'atmosphère et, le temps aidant, ramener les conditions de vie sur la planète. Il devient urgent de prévoir une sauvegarde du système. La dernière fois, le système a planté l'ordinateur avant l'enregistrement de mon idée. Même Momo en a été surpris. Elle a été définitivement perdue. Et je l'ai oubliée.

Ah oui.

Enregistrer le fichier.


Non.



Oui.

Vous voyez, je sais dire oui aussi.

Mais c'est moi qui décide.

Mais même là, la bonne réponse, celle qui crée cette histoire, c'est d'abord non ensuite oui.

Un éternel recommencement vous dis-je.

Pour une nouvelle géométrie.

Par un point donné ne passe aucune droite.

Corollaire:

Un point est la fin d'une infinité de droites.

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