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6924 absences de lien d'enfants avec le pays d'origine - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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6924 absences de lien d'enfants avec le pays d'origine [18e sep. 2006|11:47 pm]
RacReciR
J'écoutais le Naboléon de l'Intérieur en train de justifier l'ignoble et me suis dit que, décidément, le discours politique allait raser les pâquerettes ces prochains mois.
Les immigrés clandestins sont donc la cause des problèmes de la France.
Ca ne vous évoque personne ?
Au pays des aveugles, les borgnes sont pourtant rois !

Qu'avons commis comme horreurs ?
Quelle magnifique évolution avons-nous engagée en quelques siècles ?
Nous avons réussi à passer de l'époque des négriers, de la traite des hommes et de la mort qui faisait souvent partie du voyage, à cette situation nauséabonde où la misère contraint les africains à quitter leur pays et à emprunter les chemins des négriers, volontairement.
Pour venir travailler chez nous au noir !

Tant qu'il y a des gens qui ont moins d'1€ par jour pour vivre, ça continuera.
Même en Afrique, ce n'est pas assez pour vivre.
5000 clandestins sont donc morts depuis le début de l'année 2006 en tentant de rejoindre les différentes portes du paradis : les frontières Italiennes, Grecques et Espagnoles de l'Europe de Schengen (sans parler de l'Amérique du Sud).

Je me suis donc penché sur cette fameuse circulaire qui énonce les mesures draconiennes de régularisation des immigrés ayant des enfants scolarisés que, dans sa bonté incommensurable, not' bon ministre consent à examiner "à titre exceptionnel et humanitaire" (page 2)
En 4 pages, éloge de la servitude volontaire que tout citoyen peut lire à sa guise, not' bon ministre de l'Intérieur montre la grandeur de la France, ancien pays colonisateur de l'Afrique qui meurt de faim et qui frappe aujourd'hui à nos portes.

C'est une circulaire adressée aux préfets le 13 juin 2006, ayant pour objet les "Mesures à prendre à l'endroit des ressortisssants étrangers dont le séjour en France est irrégulier et dont au moins un enfant est scolarisé depuis septembre 2005".
On trouve ainsi, page 3 de cette circulaire, 6 critères d'appréciation "suggérés" aux Préfets.



Les 3 premiers critères peuvent être appliqués sans trop de risque d'erreur.
Ils sont sévères mais rationnels.

Les 3 derniers ouvrent la porte à l'arbitraire le plus total : le jugement irrévocable d'un fonctionnaire, en 30 secondes chrono.
C'est le 4e critère (encadré par mes soins) qui remporte la palme de l'iniquité : "absence de lien de cet enfant avec le pays d'origine".

De quel droit demande-t-on aux Préfets d'exiger, pour les régulariser, que des gens qui sont dans la misère depuis des années n'aient, de surcroît, plus de lien dans leur pays d'origine ?
En quoi est-ce un critère d'intégration en France ?
Comment se fait-il que ces Préfets, dont la liberté de conscience et d'action sont entières dans le cadre qui leur est indiqué, aient suivi si scrupuleusement ces critères d'appréciation sans exercer utilement leur "pouvoir d'appréciation" ?

Retirer un dossier de régularisation dans une préfecture (la boîte de pandores) et le remplir en y indiquant toutes les coordonnées qui permettent de vous retrouver ainsi que vos enfants est, à mes yeux, le signe d'une réelle volonté d'intégration (critère 6) et une contribution effective des parents à l'entretien et à l'éducation de l'enfant (critère 5).

Il est utile de se poser des questions quand de grands serviteurs de la République en sont réduits, pour faire du chiffre, à respecter aveuglément la lettre d'une circulaire, sans s'inspirer de son esprit, en règlant ainsi le sort d'être humains.

On voit donc des centaines de familles bien françaises hébergeant et cachant des enfants étrangers pour les soustraire à l'arbitraire.
J'ai aussi vu le courage des bénévoles espagnols qui recueillent les africains aux Canaries.

"J'attends que vous vous vous impliquiez personnellement dans le traitement et le suivi de ces situations particulièrement sensibles" est la dernière phrase de cette circulaire.

6924 est le résultat chiffré de cette implication personnelle des Préfets de la République Française.
Il s'agit du nombre de cas individuels qui ont réussi à se faufiler sous les fourches caudines.
6924 familles qui n'ont plus d'attache avec leur pays d'origine.
Il y a donc 30000 - 6924 = 23076 familles qui ont été jugées indignes.

Combien l'ont-elles été sur les 3 derniers critères, arbitraires ?
Je me sens humilié par tant d'humanité.
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