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Petit vade mecum d'une dictature pour candidats à l'exception (kernel panic) - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Petit vade mecum d'une dictature pour candidats à l'exception (kernel panic) [28e sep. 2006|09:10 pm]
RacReciR
[Humeur |blankblank]

Au Moyen-âge puis à la Renaissance, un message était transmis à cheval.
Il y avait donc au moins deux temporalités bien disjointes : locale et globale.
La parole discutée, pied à pied, dans le village et la chaîne de transmission des ordres, à cheval.
Le cheval a commencé par avoir des vapeurs au 19e siècle avant de laisser sa place à des fils de cuivre puis des fibres optiques qui  portent instantanément le message, l'ordre, à sa destination.
On a donc atteint la vitesse de la lumière.
Il est impossible de transmettre un message plus rapidement.
Il est en revanche possible de transmettre de plus en plus de messages de façon à saturer la bande passante ou les capacités de calcul.
Il est ainsi loisible de noyer ses interlocuteurs sous un flot ininterrompu de messages pour distraire leur attention.
De force.
Les agents les plus lents à traiter les informations sont donc rapidement saturés et laissent passer un nombre croissant d'informations sans être en capacité de les traiter.
Dans cet état de confusion, seuls les messages prioritaires sont traités.
Ceux qui provoquent une interruption du calcul.
Il peut alors advenir que la quantité de messages prioritaires devient telle que chaque processeur finit par entamer un cycle ininterrompu d'interruptions pour traiter des message de plus en plus critiques.
D'interruption en interruption, la plupart des messages ne peuvent plus être reçus.
Ils finissent par ne plus être émis.
D'une façon ou d'un autre.
C’est la façon la plus efficace de planter un ordinateur.
L'évolution a atteint une singularité.
La résistance tend à y devenir nulle ou infinie.
Un trou noir.
Kernel panic.

C'est le même schéma qui permet, le moment propice, de basculer le plus simplement du monde dans une dictature.
Sous les vivats de la foule apeurée.
En développant un système qui exerce de moins en moins son sens critique et son droit de réserve.
Jusqu'à se contenter, en désespoir de cause, de transmettre l'information aveuglément.
Où l'ensemble des maillons intermédiaires du système ont été exclusivement sélectionnés pour leurs compétences à transmettre les messages, suivre les ordres, en opposant une résistance nulle.
Tout devient alors possible et les règles sont appliquées sans aucune réserve, légalement prévue dans le cadre des fonctions du système.
Un petit nombre d'agents détient alors effectivement les pouvoirs.
Tous les autres sont contraints à obéir même si ça ne leur plaît pas.
La machine devient tellement inerte, qu'il devient quasiment impossible de la faire évoluer.
Les lois et règlements sont pensés pour l'éternité alors que les technologies, la science, la philosophie, l'économie, les arts et les mentalités qui les accompagnent évoluent rapidement, à la vitesse de la transmission des messages.
Il est donc aisé de provoquer un plantage du système.
Par des mesures d'exception qui s'enchaînent.

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