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Missi Dominici - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Missi Dominici [22e oct. 2006|10:40 pm]
RacReciR
[Humeur |bitchybitchy]
[Ecoute |Bach - Fugue en Do Majeur]

Boire la paille dans l'oeil du voisin après avoir évoqué les affres dans lesquelles me plongeait le 10e commandement.
Ethique et connaissance.
Je me suis blessé à l'oeil ce we.
Une lentille trop vieille, portée jusqu'à 2 heures du matin dans une atmosphère enfumée, et voilà.
C'est bien entendu l'oeil gauche, mon oeil directeur, qui est touché.
J'ai ainsi dû aller à une pharmacie et proférer un pieu mensonge pour obtenir le collyre habituellement dispensé sur ordonnance.
Oui, je suis aussi mon propre médecin.
Qui veut voyager loin ménage sa monture et, dans l'attente de la mise au point d'un moyen de procéder à un upload général, je me sens un tantinet vulnérable, sans recours, dans ce corps qui enferme mon esprit (non, je ne suis pas englué dans un dualisme cartésien).
Il n'est donc pas question de déléguer la gestion de cette  mécanique de précision à un quelconque péripatéticien dont ce serait le travail de la garder en état de marche. Il me souvient en effet que ce mot vient du bas latin tripalium, instrument de torture formé de trois pieux (deux verticaux et un placé en transversale) auquel on attachait les esclaves pour les punir.
Cette prise de conscience a été aiguisée par les tribulations auxquelles a été soumise ma mère, subissant erreur médicale sur diagnostic discutable, avant que je me décide à jouer le factotum.
J'en ai conclu que la santé était un sujet trop sérieux pour qu'un ou, pis encore, plusieurs diafoirus s'ignorant superbement, s'en occupassent pleins d'une suffisance née de la certitude de ne jamais subir les conséquences d'une éventuelle incurie.
Je consulte donc en cas de besoin un collègue, habilité à signer des ordonnances, avec lequel je confronte mon diagnostic.
Vous comprendrez que je ne me sois pas longtemps posé la question d'un médecin référent.

C'est, dans le RER qui me ramenait de Paris ce dimanche soir que, suivant un train coutumier de pensées incongrues, je me suis pris à sourire d'un air niais, suscitant la commisération de mes compagnons de voyage.
Il était cocasse que je payasse cette soif de savoir par de la poutre aux yeux (allitération).
Je me suis donc surpris, une semaine après avoir croisé un frêne malandrin, à me prendre pour un Wotan de pacotille.
Grenouille qui s'est prise pour un boeuf pendant 30s au cours desquelles j'ai imaginé échanger volontiers un oeil, fût-il gauche, contre le droit de m'abreuver à pareille source.
Le sourire niais a accompagné la réalisation que je m'y baignais en permanence.
La noosphère, achéron qui guide ma destinée, est la source où je poursuis mes connaissances réelles ou virtuelles, inépuisable.
Thésaurisant une somme d'enseignements en maths, physique, chimie, médecine, philosophie, langues, littérature, musique (ô combien), peinture, sculpture, dessin, architecture, ... plus d'informations, étalées à ma portée, que mon cerveau ne pourra jamais en accommoder.
Plusieurs siècles d'apprentissage sont désormais requis pour assimiler la substantifique moëlle, aujourd'hui jetée en pâture au premier quidam venu, moi en l'occurrence.
Il ne suffit donc pas d'accéder à la source du savoir ou même de s'en repaître.
Il est nécessaire de disposer de la puissance de calcul et de la mémoire pour intégrer ses enseignements.
Nous disposons pour l'heure de cette puissance dans un mode allogène.
Il est encore impossible de transduire les émotions stockées et codées par des processus physico-chimiques dans un cerveau (les premières puces hybrides neurone-silicium font leurs premiers sauts dans les laboratoires de recherche de pointe).
Il est en revanche possible d'y puiser tout son saoul.

J'avais rêvé enfant qu'il serait un jour possible de s'affranchir de ces encombrantes encyclopédies en 20 volumes pour, posant une question en l'air, obtenir une réponse instantanée.
A la transmission de pensée près - quoique - j'y suis rendu.
L'ordinateur ultra-portable qui me quitte rarement est connecté à la noosphère en permanence.
En mesure d'obtenir réponse à toute question que je me pose.

La prochaine étape, cruciale en termes d'évolution, sera celle de la disparition de l'unité centrale et le déport de toutes les fonctions d'entrée-sortie qui singeront les fonctions naturelles (voir, entendre, sentir, toucher, etc.).
J'ai estimé que l'intégration des premiers sens (ouïe, vue, parole) sera réalisée dans les 5 prochaines années.

Je m'offre aussi le luxe de passer de longues heures déconnecté de la réalité.
C'est ainsi qu'à une question pourtant simple, "Dieu existe-t-il ?", un gogol m'a suggéré après 0.13s de réflexion, de dépouiller 367 000 réponses.
Procédant à une estimation pifométrique du temps nécessaire pour trancher cette question existentielle, j'ai calculé qu'il faudrait 612 jours à raison de 10 heures par jour et à une cadence d'un lien par seconde.
Avec une borne inférieure : 102 jours pleins.
La méthode paresseuse consisterait à en traiter 1000 par jour pendant un an.
Il faudrait de longues années de réclusion dans un monastère pour analyser les réponses à quelques questions de métaphysique élémentaire.
Il est donc inévitable que le quidam lambda procédât incontinent à quelque raccourci et se forge une opinion à partir d'informations dans lesquelles il sait s'être noyé, à la source, loin de toute connaissance.

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