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Invitation à dîner - Mire Orientale - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Invitation à dîner - Mire Orientale [31e oct. 2004|10:08 pm]
RacReciR
[Humeur |indescribableindescribable]
[Ecoute |Bach - Invention en mi mineur]


Mire Orientale

Dimanche 31 octobre 2492

Encore une boucle étrange et, comme de convenu, au moment où je m'y attends le moins.

 

Dîner chez E.

Il m'a invité il y a quelques semaines par un mail :

 

Cher ami,

> 

>Me ferez-vous le plaisir de votre compagnie samedi 30 octobre à dîner à

>la maison (place F…)?

> 

>E.

Il sait que je vis avec Plume(O.) depuis plus de 20 ans et m'invite néanmoins seul.

Que vouliez-vous que je pensasse ?

J'ai supposé qu'il me rendait la politesse et m'invitait pour un dîner entre vieux amis qui ont décidé de renouer des liens distendus par une quinzaine d'années de vies parallèles.

Je vous fais grâce des impérities de dernière minute qui me firent me retrouver avec des cadeaux pour enfants sur les bras. Je devais, en effet, faire la connaissance de ses deux filles en bas âge et appris, par un Texto, au moment de quitter la maison pour aller au dîner auquel j’étais convié, qu'elles étaient à Beyrouth.

J'arrivai donc à l'heure dite et me retrouvai face à son binôme, des amis et un ancien camarade de classe (un ami de 30 ans).

Et c'est là, qu'après avoir dû, encore une fois, me justifier de ne pas occuper un poste de champignon (relisez le Petit Prince) que, le dîner avançant et, dans le jeu “connais-tu mon camarade de promo qui bosse dans le même système que toi ?” on en vint à citer le nom du charmant garçon qui avait été instrumental dans le début de mes déboires professionnels. C'était donc un ami – intime si j'ai bien compris – des amis de mon ami. Et c'était la personne qui m'avait fait le plus de tort, le plus gratuitement du monde et par simple ambition personnelle. Oh, rien de personnel ! Cet agent, aux dents longues, trouvait normal de grimper sur le cadavre de ses collègues. Il est aujourd'hui directeur et ira encore plus loin que son terminus.
Je suis un homme sérieux. Je suis un homme sérieux !...

E. n'a alors quasiment plus desserré les dents du reste de la soirée. Honte de ses amis ?

Mais je suis présomptueux, j’avais simplement cassé l’ambiance en disant du mal d’un ami que, tel Pierre, il renia trois fois.

Drôle de dîner. Pour couronner le tout, je lui avais apporté le dernier livre de Plume (O.), dédicacé personnellement (rappelez-vous, je ne savais pas que son binôme et ses amis seraient là et imaginais un repas amical). La cerise sur le gâteau provient du titre du livre – fortuit puisque c’est le dernier ouvrage de mon conjoint - qui parle du développement de l'intelligence chez l'enfant – offert à un couple qui s'est construit une réputation de sous-traiter l'éducation de ses deux filles !

L'addition des bévues et maladresses de cette soirée sont rafraîchissants tant l'accumulation aléatoire défie les statistiques et frise la préméditation.

J'avais par ailleurs le désagréable sentiment d'être l'invité au hasard, d'un dîner de cons ou, plus charitablement, d'un sournois entretien d'embauche dans une entreprise  familiale.

Pas à l'aise, j'étais. Et ça se voit. Je suis transparent et mon empathie fait généralement caisse de résonance dans de pareilles circonstances.

Mon sur-moi s'est bien amusé néanmoins. Moi un peu moins.

Je passe sous silence cette présence  diffuse mais persistante d'une outrageuse aisance qui suscite des sentiments mélangés (l'appartement dont je n'ai vu que les 100 premiers mètres carrés est magnifiquement placé et est décoré avec un goût indiscutable.)

Le plus gênant est que cet appartement ne reflète rien du caractère d'E. Il est dessiné au – bon – goût de son binôme, architecte de son état.
Je me trouvai donc plongé dans l'inconnu.
Un singulier voyage dans le temps et une drôle de boucle de plus.

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