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Les Djinns (Orientales) - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Les Djinns (Orientales) [20e nov. 2006|02:03 pm]
RacReciR
[Humeur |creativecreative]
[Ecoute |un petit pois qui tourne, qui tourne...]

C'est aujourd'hui pratique courante que de mettre le génie en boîte.
Le 21e siècle et ses technologies proposent une nouvelle lecture des mille et une nuit.
La lampe de cuivre d'Aladin, ustensile incongru, a ainsi été rangée dans l'armoire des accessoires inutiles.
Avantageusement échangée contre un téléphone portable.
Plus petit, plus maniable et bien plus efficace.
Plus d'huile qui menace de tomber à la renverse.
L'écran luminescent vestigial,  rappelant les fonctions ancestrales de l'objet.
Pas de flamme à entretenir.

Et, naturellement, pour faire plaisir, j'ai accepté de sortir de la lampe à chaque fois qu'on la frottait.
Revisitant Shéhérazade, j'avais dépeint plusieurs lunes au rang desquelles figure Plume(O.), le drôle d'oiseau avec lequel j'ai choisi de partager mon existence.
Chimère improbable entre Gaston Lagaffe et le professeur Tournesol.
C'est ainsi que s'entretient la confusion entre djinns et séraphins issus, eux aussi, de mythologies germaines.

Il a donc fallu que je le contraigne à mémoriser les 10 chiffres qui composent mon adresse.
Et, régulièrement, à l'impromptu, lui demander de jouer le récitant.
Rendu libre de traverser murs, ville et ports pour caboter.
Il lui arrive de manquer de retenue, préférant charger de notes le carnet de bord du téléphone portable, lanterne qui ne le quitte pas.
J'ai beau le sensibiliser au danger qu'il encourt à sa perte, rien n'y fait.
Mais il a de bonnes raisons de croire à sa magie et, après plusieurs décennies d'incantations, sait-il pouvoir invoquer le génie par la force de sa pensée.
J'ai cependant, par précaution, dû exercer la contrainte par corps.
Le jeu en valait-il la chandelle ?

Il lui est ainsi déjà arrivé, il y a quelques années, de m'appeler catastrophé des antipodes où il était rendu pour un colloque : "Peux-tu me rappeler le code de ma carte pour un dernier essai ? Je suis en face d'un distributeur automatique et j'ai déjà commis 2 erreurs."
Aujourd'hui a fourni une occasion supplémentaire de s'illustrer par une pirouette.
Décidé de tenir compagnie à sa mère, quelques jours dans sa Belgique natale, il a pris un train dominical qui l'a conduit au plat pays.
Et, ce midi, un Texto a fini de boucler la boucle : "Peux-tu dire à ma mère de me tél ? On s'est perdus dans la ville et j'ai plus son portable".

Il me reste donc à rendre grâces aux muses qui ont inspiré ce rappel.
Un de mes poèmes favoris, inopinément perdu de vue.
Victor Hugo et ses Orientales, que ces derniers échanges m'ont permis d'écumer.

[...]
D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or

[...]

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