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La boîte de Pandore - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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La boîte de Pandore [22e nov. 2006|12:00 pm]
RacReciR
[Humeur |blankblank]
[Ecoute |*silence sidéral*]

Un message électronique a, ce matin, engendré l'étincelle qui s'est propagée à ce méta-billet..
Le message avait été émis il y a une semaine et, hasard des règles de filtrage que j'ai établies, il s'est retrouvé dans le dossier des indésirables bien que provenant d'un collègue
proche (à chacun ses pariahs)... à un moment professionnellement critique.
Ce n'est donc que ce matin, avant de vider définitivement la corbeille que, mû par une curiosité maladive, je l'ai découvert puis observé.
C'était
, en effet, un message destiné (sans doute) à me faire sortir de mes gonds au moment critique et qui n'aurait pas manqué de remplir sa fonction si je n'avais été sauvé par la mise en abîme de ma messagerie.
Une semaine plus tard, la fonction d'onde correspondante ayant été résolue à ma grande satisfaction, j'en ai pris connaissance avec le recul qui m'a permis d'en rire.

J'ai ainsi pu dédicacer une prière spéciale dans le vide, <*> lequel je sais pouvoir compter sans ménagement.


Le physicien Erwin Schrödinger a, sans le vouloir, découvert la pensée en équations.
L'expérience a consisté à enfermer un chat virtuel dans une boîte virtuelle avec un isotope virtuellement radioactif et du cyanure tout aussi virtuel.
Le dispositif mis en place ayant une probabilité de 50% que le cyanure se libère en 1 heure.

Comme tout est virtuel, on reste bien dans un monde complexe, rempli d'imaginaire.
Le système décrit se résume à une simple équation :
chat = λ*mort + μ*vivant (+ étant la somme vectorielle)
avec
0 ≤ λ ≤ 1;
0 ≤ μ ≤ 1;
λ+ μ =1.

Quand on ferme la boîte, le chat est réputé vivant (λ= 0 et μ=1).
La question que posait Erwin à son ami Einstein (qui ne supportait pas l'idée, découlant pourtant de sa théorie, que l'univers fût aléatoire) est : "Dans quel état se trouve le chat au bout d'1 heure ?"

La probabilité de 50% en 1 heure, de libération du cyanure, se traduit dans les équations (la fonction d'onde) par :
λ= 0,5 et μ=0,5
chat = 0.5*mort + 0.5*vivant
Tant que la boîte n'est pas ouverte, c'est-à-dire, tant que l'observation n'a pas eu lieu, le chat est dans une superposition d'états quantiques où il est à 50% mort et à 50% vivant.
J'invite le lecteur curieux à compulser aussi le hors-série de Sciences et Avenir d'octobre-novembre 2006 : "Le paradoxe du chat de Schrödinger".

Il n'y a pas d'autre solution, pour la pauvre bête, qu'ouvrir la boîte et observer si le félidé domestique est vivant ou pas.
L'action d'observer, ouvrir la boîte, fait instantanément s'écrouler la fonction d'onde de Schrödinger (l'équation ci-dessus) : la pensée mesure les valeurs de λ et de μ (vivant ou mort ?) et, le grand ordinateur quantique qu'est l'univers, intégre cette mesure dans sa réalité, portée ensuite à la connaissance de tous.

L'équation de Schrödinger est le processus élémentaire qui modélise la pensée comme la somme vectorielle d'une suite de vecteurs qui manipulent des concepts plus nombreux et généralement moins définitifs que "mort" ou "vivant".
Nous sommes, en permanence, traversés par des informations, transmises par tous nos capteurs (dont nous sommes conscients ou pas) qui portent une probabilité de réalisation : être à l'origine (la cause) d'une action qui va concrètement agir sur notre réel.
Il n'est pas question ici des seules idées géniales qui ont révolutionné l'histoire de l'humanité.
Il n'en demeure pas moins que nous vivons ces moments singuliers où nous avons une idée.
C'est la résultant de l'écroulement de la fonction d'onde, qui fait pousser un cri de joie "Eureka" pour les savants  et,  "mais c'est bien sûr..." pour le commun des mortels.

C'est la somme (des centaines de vecteurs) qui, à tout moment, nous fait accomplir l'action présente dont la résolution va être réinjectée pour calculer le vecteur suivant (lire la phrase suivante pour vous et, pour moi, l'écrire).
Taper sur ce clavier en l'occurrence a consommé plus d'une heure de mon temps personnel que j'aurais utilement pu distraire à enfermer un chat dans une boîte mais, ce qui n'aurait pas été possible si j'avais été Schrödinger en 1926, cette date est le dernier mot (de ce billet j'espère) que j'aie saisi.

Ne pas saisir la pensée, être dans la vacuité, permet à la fonction d'onde (personnelle) de se développer.
Toute pensée "conscientisée" correspondant à un "Eureka" en réduction : celle (la réduction) d'une fonction d'onde qu'on ne connaîtra jamais.
C'est ce que certaines philosophies orientales (dont je suis encore moins au fait que la physique quantique) ont compris depuis des siècles. C'est, par exemple, la théorie Samkhya de la causalité (4e siècle) qui affirme que tout effet est une manifestation de ce qui préexistait dans la cause.

Le chat, enfermé 1 heure dans sa boîte virtuelle a, quant à lui, toujours 50% de chances d'être en vie.
Nous pouvons donc continuer à élaborer des hypothèses crédibles qui tiennent compte de sa vitalité (aller acheter des croquettes, penser à changer la litière, etc.).
On formulera aussi, en parallèle, un certain nombre d'hypothèses qui tiennent compte des 50% plus funestes (comment se débarrasser du corps ? Avoir un autre chat ou pas ? Tenter l'expérience avec un perroquet ? etc.)
Toutes ces hypothèses restent simultanément présentes à l'esprit de l'expérimentateur, avec une pondération (les différentes probabilités) qui est la résultante de son expérience vécue.
Tant que la boîte est close.

Pile, j'ouvre la boîte;  face, je poursuis ma voie.
Si on ouvre la boîte et que l'on observe le chat mort, alors les idées relatives aux croquettes et à la litière disparaissent instantanément.
Pshit.
L'hypothèse du chat vivant est définitivement invalidée et la fonction d'onde, saisie par la pensée de l'observateur, ne peut s'empêcher de s'écrouler de rire.
La vacuité permet alors d'éviter de grands éclats.
C'est pourquoi il vaut mieux, parfois, la garder fermée.
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