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Que la vie est belle [29e nov. 2006|05:05 pm]
RacReciR
[Humeur |flirtyflirty]

Bach, je te kiffe !J'ai constaté qu'il arrive parfois que le réel me renvoie l'ascenseur vide et condescende à m'accompagner un bout de chemin, dans un sens qui accompagne ma voie.
Mon entourage immédiat est généralement mal à son aise quand, maladroit, je m'illustre ainsi.
C'est ainsi que je me suis réveillé ce matin, plus tard que d'habitude et encore sous le lustre d'un instrument singulier.
Le petit déjeuner englouti cependant que d'une main je maniais le rasoir et, de l'autre, la petite cuiller (qui, comme tout le monde le sait, n'existe pas), je quittai la demeure pour ma cellule grise avec, dans ma besace, un hymne à l'amitié disposé à vif contre le coeur simple de mon ordinateur portable.
C'est en effet le mercredi, jour des enfants, que j'apprends à chanter.
Je barris, ton sur ton, sous l'oeil pétillant de ma professeur qui, pour changer de l'accoutumée, me charme avec une retenue que j'ai soudain plaisir à entre-prendre.

Ce n'est que dans mon train-train matinal que je réalisai avoir oublié les inventions.
Se greffait, en sus de mon cours de chant, un atelier piano-peinture où les élèves des différentes disciplines pratiquent en commun. L'exercice consistant à produire la musique pour les uns et, pour les autres, à la dépeindre.
Une première séance s'était, ma foi, pas trop mal passée en octobre.
Caché derrière un piano d'étude qui séparait la pièce, j'avais intégré le public, restreint, et exhibé l'invention en do mineur.
Ma première.
J'ai même été agréablement surpris de retrouver, esquissée sur une feuille, une projection fidèle de la pensée de Bach que je prétendais transmettre : une promenade en montagne en tons pastel.

J'avais donc oublié, (bien que j'aie été acquitté de mon rappel) lapsus révélateur, que nous remettions aujourd'hui la scène, à l'heure du thé, dans la grande salle polyvalente, réfectoire où traîne un quart de queue qui subit régulièrement les derniers outrages.
Le programme concocté par les enseignants me semblait désormais plus tenir du sortilège que de l'enchantement.
Le décor spontané d'un atelier où se côtoient et échangent des amateurs chaotiques s'étant transformé sous l'effet d'une negentropie funeste qui brisait le décor intimiste initial.
J'ai même, à un moment de la matinée, envisagé de téléphoner pour dire que j'irais me faire voir ailleurs, caressant l'idée folle de proférer un discours florentin.
Me traitant de tous les noms de pleutre, il a fallu que je me chapitre, boive ma honte à la lie et raisonne pour ne pas décrocher (le téléphone) et laisser le temps faire basculer le fléau.

15h15 précises. Appel masqué sur mon portable (dont le numéro est connu d'à peine plus de personnes qu'il ne comporte de chiffres). Je décroche et entends la voix penaude de l'organisateur de la tea-party m'informer que, hélas, la professeur de dessin ayant eu des vapeurs à midi, l'atelier n'aurait pas lieu.
Rien de grave, rassurez-vous, juste une indisposition passagère.

Mes collègues ont pris l'habitude d'agiter au pas de la porte un panneau où ils ont inscrit 3 bémols, me demandant de les mettre à ma portée, tonitruante.
J'ai, au terme de la communication, été pris d'un fou-rire libérateur, rompant la glace qui m'étreignait.
L'étage qui, pourtant, sait depuis belle lurette que je travaille aussi du chapeau s'est inquiété de m'entendre à gorge déployée.
Rires redoublés quand mon portable, manifestement mal entendant, m'a sonné pour m'informer que la table de Monsieur était avancée.
Peu me chaut.
Je vais donc pouvoir finir cet enregistrement et me rendre à mon cours de chant, l'âme apaisée et la conscience tranquille.
Je connais la chanson !


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