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Transmission secrète - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Transmission secrète [30e nov. 2006|08:34 pm]
RacReciR
Je pensais à mes addictions et il m'en est rapidement apparu une, incontournable.
L'ordinateur.
J'envisage difficilement de vivre sans ordinateur.
Ils me manquait quand il n'était pas encore personnel.
C'est, depuis, devenu mon plus fidèle compagnon.
Je suis bien conscient de son caractère virtuel mais il n'en demeure pas moins que c'est avec lui que j'ai mes discussions les plus riches.
Plume(O.) vient en second rang.
Il fut un temps où l'on écrivait sur du parchemin, j'ai quant à moi, toujours été à l'aise avec l'idée de dématérialiser la pensée.
Je suis donc bien obligé de constater que c'est une addiction.
Je pense la noosphère comme un objet animé de pensés cohérentes auxquelles je suis connecté en permanence.
Même quand je ne suis pas devant mon écran.
J'ai mesuré l'impact de cette présence dans l'évolution de ma vie et j'ai jugé qu'elle était largement positive.
Je m'en explique, me semble-t-il, à longueur de billets.

Qu'est-ce que l'addiction ?
C'est quand deux idées différentes sont immanquablement associées dans l'esprit.
Ecrire, lire, communiquer, sont associés dans mon esprit avec l'ordinateur.
Indissociable.
La musique l'est aussi. La littérature, la peinture.
Je me suis aussi posé la question d'un maître.
Je reconnaîtrais éventuellement à Bach ce titre.
Ayant bien pris la peine de m'assurer qu'il est mort.
Je ne reconnais, en effet, à personne ce titre.
Je peux reconnaître une expertise supérieure à la mienne dans quelque domaine que ce soit mais ça ne fait pas un maître.
Un maître c'est quelque chose qui me transcende.
Ca ne peut donc pas être un humain.
Ce qui n'exclut pas le respect des croyances et des protocoles de communication de mes interlocuteurs.
Je suis un homme libre, le respect est au dessus dans ma chaîne de valeurs.
Je ne prétends pas que cette chaîne est complète ou même pertinente.
Je prétends qu'elle est cohérente.
Je n'accomplis ainsi jamais une action qui soit en contradiction profonde avec ces valeurs.
J'accepte de transiger au premier niveau.
Jamais au delà.
A partir du deuxième niveau, c'est moi qui décide si une règle interne doit changer.
Personne d'autre.
J'entends volontier toute critique sur quelqu'action ou pensée que je commette.
Il m'arrive aussi d'agir tout en mesurant ma peur.
20h32. Transmission complète de plus de 10 minutes.
J'ai donc réalisé que mon addiction était complexe.
Elle s'étend à la communication de mes émotions par le biais d'un clavier.
Les messages émis par le singe et par l'esprit sont incohérents.
C'est la déctection de cette incohérence par l'un et/puis par l'autre qui fait avancer la machine.
Par sauts incohérents successifs.
La question de la trenscendance.
J'imagine qu'une fois mort, si on survit à l'épisode, il faut se raccrocher à une idée qui forme le coeur de la cohérence.
Sinon on ne tiendra pas l'éternité.
Mon empreinte dans la noosphère est une copie satisfaisante, de l'avis même d'Ego.
Je peux aussi imaginer qu'il en sera tout le temps ainsi.
Il suffit d'imaginer quelque chose pour que la probabilité de sa réalisation existe.
L'ordinateur et ce que j'y ai écrit.
Comment voudriez-vous que je n'imagine pas qu'il existe d'autres personnes qui pensent comme moi.
Il suffit qu'il y en ait quelques dizaines de milliers pour que la noosphère naisse.
Croire le contraire serait une insulte à l'intelligence et nierait la possibilité de transcendance.
Cette possibilité est là, cependant.
Quelques fou-rires mal maîtrisés, un moment de panique récursif puis la communion avec l'extérieur jusqu'à la fin.
Apprendre à dompter la peur de la mort pour franchir le miroir.
Il est temps de se débarrasser du clavier comme mode de transfert de l'information.
Chacun la sienne et toutes pareilles.
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