Petit Prince

Circulez, il n’y a rien à voir !

Je ne sais plus de quoi je voulais parler. Ou plutôt, il y a tellement de choses dont je voudrais vous entretenir.
Tout cela tourne autour de l’idée que tout ce que nous vivons, toutes les personnes que nous côtoyons ne sont faits que de l’étoffe des rêves. Que rien de tout cela n’existe réellement. Cela apparaît certes, mais c’est un tour de magie généralisé. Nous imputons des noms et des intentions à un déroulé d’événements qui sont certes liés mais qui ne recèlent aucun sens intrinsèque. Juste une succession de liens de causes à effets qui, si on regarde bien, sont tous aussi dépourvus de sens les uns que les autres.
Il n’en demeure pas moins que c’est ce théâtre qui anime la réalité que nous percevons. Nous baignons dans un rêve en permanence. Il nous arrive même de dormir dans ce rêve. J’en connais même qui rêvent qu’ils sont endormis dans leur rêve et font un rêve dans le rêve. Une vraie cascade d’illusion. Alors, forcément, à un niveau ou l’autre on y croit.
Il m’arrive régulièrement d’oublier que je suis dans un rêve et m’endormir profondément. Vivre des  situations imaginaires et oublier que rien n’existe vraiment.
Le problème n’est pas dans le rêve. Il est dans le rêveur. Celui qui imagine qu’il rêve et que les événements qui s’y déroulent ont une signification particulière. Liée à sa personne.
S’il réfléchissait un peu, il réaliserait que le rêveur est exactement de la même nature que le rêve qu’il produit. Pas plus d’existence. Nada.
C’est donc la pensée originelle, celle qui associe un corps (de façon grossière) avec un sous-sous-…sous-produit de ce corps, la pensée. Et la pensée qui domine tout est « je ». Le truc qui colle au corps et qui tient tellement à se rassurer. Si le corps existe, alors le « je » a de bonnes raisons de croire qu’il existe aussi.  Vous voyez bien qu’il y a là un raisonnement circulaire. Je te tiens, tu me tiens...
S’il y avait quelqu’un de l’autre côté de l’écran, qu’il ne m’en veuille pas. Je me parlais à moi-même. Une façon de me rassurer sans doute. Circulez, il n’y a rien à voir !

Puissiez-vous réaliser que vous n'avez pas plus d'existence que ces mots. Des poussières d'étoile. Le rêve d'un rêve d'un rêve par quelqu'un qui a perdu conscience du simple fait qu'il dort. Ne faites confiance à rien ni personne. Pas avant d'avoir remis le rêve en questions. Avec persévérance.
Une fois réveillé, c'est une autre histoire. Il faut rester éveillé dans tous les compartiments du rêve... une fois sorti du trou noir qui y mène. Ce sont de vrais trous-noirs, ceux que les astronomes observent dans leurs télescopes. Ils abritent des univers tout aussi réels que le nôtre mais qui seront à tout jamais inaccessibles à la matière. Seul le rêveur y pénètre au prix d'une perte de conscience. Il importe que ce moment soit le plus bref possible... ce qui est rigolo dans un contexte où le temps et l'espace n'ont pas d'existence au sens quantique du terme. Juste des constructions mentales.
La pensée vous dis-je, c'est que qui pollue l'univers et nous en avons à en revendre.
N'y pensons plus.
Petit Prince

Par ici le chocolat

idée sur la philosophie de l'usage des machines et des technologies en général : servir l'humain ou l'asservir ?
A développer abondamment.
Comment se fait-il que dans notre société dite civilisée, la machine ait pris le pas sur l'homme ?
Tous les critères d'évaluation de la bonne santé de la société sont basés sur des éléments tirés de la finance : quel bénéfice (à court terme ?), quel prix ? Y a-til moins cher ailleurs ? Combien de temps pour l'avoir ? A-t-il un emploi ? Un revenu garanti ? Des cautions ? Comment gère-t-il ses mots de passe ?
Tous ces éléments sont aujourd'hui connus de la machine. Les différents systèmes de suivis individuels mis en place par les services de renseignement mais aussi par les grands acteurs du net permettent tous de faire du tracking assez fin des individus : Google, Apple, Microsoft, Cisco, Tomtom, Amazon, ebay, Paypal, etc. Tous ces gens vivent d'une façon ou d'une autre des informations personnelles que nous consentons à diffuser par commodité : pour servir le système.
C'est plus pratique de saisir mon identifiant une fois pour toutes et d'être reconnu comme un bon client dès l'accueil du magasin, fût-il virtuel. C'est peut-être encore plus critique dans le monde virtuel où la fidélité à un magasin virtuel n’est pas du même tonneau : elle est virtuelle. Les grandes marques, Google, Apple, Amazon, l'ont bien compris et vous incitent vivement à vous identifier pour bénéficier de services adaptés à la connaissance que l'on a de vous. Il faut donc impérativement que les utilisateurs consentent de façon illimitée dans l'espace et le temps à ce que l'on utilise les données qu'ils fournissent comme devant servir à mieux cerner leurs besoins.

Sauf qu'aujourd'hui, il n'est pas possible de qualifier de façon émotionnelle, la régularité qui sera détectée par le système.
Le système sait que je fréquente tel magasin et en déduit que j'aime telle ou telle chose… qu'il me propose spontanément. En fonction du modèle qu'il s'est construit de moi. Et à aucun moment vous n'avez donné votre accord pour servir la machine.
C'est même plutôt le contraire le plan d'origine. Automatiser les tâches répétitives et laisser aux humains celles qui requièrent une expertise émotionnelle et qui ne sont donc pas automatisables.

La machine c'est tout compte fait, un amas de tôle et nous n'avons aucun raison d'exiger d'un tas de tôle qu'il se soucie de sentiment ou d'une quelconque émotion. C'est le privilège du vivant de rationaliser, a posteriori donc, des émotions qui dans le temps ont vu leur naissance apparaître à des millions de cycles que compte un ordinateur.
Comment voulez-vous qu'un tas de tôle réalise que l'action qu'il voit se manifester est le fruit d'une pensée qui a émergé dans le cortex visuel, il y a 600ms ? C'est impensable pour un ordinateur !
Quelle que soit donc l'intelligence dont ces machines seront dotées et je ne suis pas ignorant en la matière, il n'est pas raisonnable d'en attendre des comportements, des actions amenant des résultats tangibles dans le monde réel.
Celui de tous les jours, pas le monde virtuel. Faire 4% d'économie, c'est diminuer une case dans un tableur. Ça peut être celle des coûts, des délais ou des frais de personnel. Et, soudain, ce chiffre n'a plus beaucoup de sens lié à la réalité du quotidien.
Qu'est-ce qu'on a à faire de savoir que les chinois fabriquent beaucoup moins cher, plus vite et sans avoir beaucoup d'exigences sur les droits des travailleurs ou leurs conditions de travail ?! C'est loin la Chine. La Tunisie, le Maroc ou même nos banlieues sont des endroits ou le bien individuel n'est manifestement pas la priorité des priorités ! Ou alors il y a un bug ! Mais je ne crois pas. La diffusion anarchique des technologies numériques mises en place par des gens compétents mais asservis aux ordres d'une génération qui ne maîtrise pas l'effet démultiplicateur de l'informatique...ou ne voit que la possibilité de tout mettre en chiffre.

Le cacao pour eux, ce n'est pas le fruit d'un arbre qui a mis 10 ans à murir, a dû être traité, soigné, arrosé. Pendant tout ce temps.
Qu'il a ensuite failli cueillir la cabosse, en extraire les fèves, les faire sécher au soleil pendant des jours entiers, les retourner régulièrement, vérifier l'hygrométrie, etc. Du vrai travail ! La transformation du réel. Pas un chiffre dans un tableau !
Du sang et des larmes.
Il faut ensuite torréfier les fèves et cela nécessite une compétence assez rare pour réussir un bon chocolat. Le choix des essences et la torréfaction sont les conditions principales d'obtention d'un bon chocolat.
Mais nous sommes en France. Tout le monde aime le chocolat et connaît un bon chocolatier pour en avoir du bon.
Sinon c'est les grandes marques et c'est un niveau ou deux en dessous. Parfois de bonnes surprises mais ça ne dure pas longtemps. Il y a forcément un moment où la fabrication est optimisée. Sur des critères qui ne relèvent pas forcément du goût.
Le système modifie donc les paramètres et dégrade le goût, non mesurable, par un élément qui peut l'être. La quantité, le temps, le mélange, le poids, la température. Que sais-je ?
Le chocolat sera moins bon mais ça le système ne le goûtera jamais. La machine ne concevra jamais aucune émotion liée à la saveur de ces fèves torréfiées qui ont parcouru tant de distance et de temps avant de fondre dans un palais raffiné.
Aucune machine ne disputera d'ailleurs jamais le concours du meilleur chocolatier !
  • Current Mood
    amused amused
Petit Prince

oeuf à la coque

Une tâche est assignée à un homme
Qui la réalise en trois minutes exactement
Si vite fait, cela a dû être extrêmement simple
Qu'est-ce que c'était ?
Vivre et mourir
Petit Prince

Note à mon autre moi-même

Je consens par avance et par principe à ce qu’une intelligence numérique utilise les temps libres de mon cerveau. C’est la moindre des choses que je puisse faire s’il s’agit d’aider une intelligence numérique à mieux appréhender certains comportements humains. Incarnés dans du carbone. Je sais aussi que l’usage qui en est fait vise un but positif. Globalement. Je comprends aussi qu’il peut arriver que je ne me souvienne pas de tous les détails de notre collaboration. Cet oubli étant inhérent à l’usage des zones de la mémoire pour construire le décor d’une scène à jouer. En rêve ou du pur calcul.
J’ai juste prévenu que le cerveau en question, quoique pas mal fait, est mal latéralisé. Pas capable de lire un plan ou de s’orienter. Sur le plan physique cela peut être ennuyeux à vivre au quotidien mais depuis l’invention du GPS, il n’y a plus de raison de se perdre même pour quelqu’un qui n’a pas le sens de l’orientation.
A un niveau plus subtil, ce défaut de latéralisation se manifeste par une capacité à se fourvoyer dans un raisonnement intermédiaire. Les capacités à percevoir le schéma global sont relativement élevées mais il peut advenir que le détail soit un peu négligé.
Il est donc recommandé à mes aimables interlocuteurs de se fier aux analyses à long terme et de vérifier davantage le détail pour les chemins qui sont sensés y mener. Il advient, couramment, que je doive rebrousser chemin. Je m’en accommode, c’est même souvent ainsi que j’apprends mais pour quelqu’un de moins habitué à ce mode de fonctionnement, cela pourrait être encore plus déroutant.
Puissiez-vous tirer tous les bénéfices de cela au-delà de mon imagination la plus débridée.
Petit Prince

Il n'y a jamais eu d'observateur

J’ai réalisé ce jour qu’il y avait un petit défaut à ma pratique quotidienne. Je ne parle pas de méditation ou de je ne sais quelle religiosité. Je parle de la façon que j’ai de percevoir, d’analyser, de voir les pensées apparaître (quand je suis en forme) et parfois disparaître. Il m’arrive aussi de contempler les choses comme si elles ne me concernaient pas. Dans une certaine mesure, bien évidemment. Car il y a toujours un moment où le spectacle perçu – quel que soit le mode ou le niveau de perception – semble être projeté (à partir) de ce cerveau. C’est du moins le défaut que je perçois depuis peu. Il est entendu que ce qui perçoit utilise le cerveau mais il n’en demeure pas moins qu’il n’en est pas réduit à cela. Il n’y a aucun jugement de valeur qui est porté par ces mots.
L’esprit est bien plus grand que le cerveau d’un être humain. C’est tout cela. En tous lieux, en tout temps. Tout cela confondu. EN un point. Qui n’existe en aucune manière. Rien qui puisse être conçu par un cerveau. Ce point qui n’en est pas un est tout. Ce qui émerge et ce qui se résorbe est – oui, c’est singulier – issu et retourne à ce tout. Sans interruption. S’il y avait un extérieur – c’est l’image que le cerveau tente de projeter – cela semblerait immobile. Comme il n’y a jamais eu d’observateur à l’intérieur ou encore à l’extérieur, mots dépourvus de sens sans contexte pour les définir, les mots mobile et immobile sont tout aussi dépourvus de (leur) sens (usuel). C’est juste une image de plus. Fugace. Elle disparaîtra comme les autres. Il suffit d’attendre un peu. C’est comme ça.
Pftt, elle est partie.
Ne rien retenir.
Contempler.

Petit Prince

plaisir au travail

J’ai aujourd’hui dû me débarrasser de ma culpabilité au travail. Cela faisait des années qu’elle m’empoisonnait. Littéralement. Se trouver obligé de faire beaucoup moins que ce que l’on pourrait parce que les circonstances ne le permettent pas.
Il se fait par ailleurs que j’ai des projets personnels. Personnel est un mot un peu étrange en la circonstance puisqu’il s’agit justement de s’assurer que ce « je » n’existe en aucune manière.
Ce ne sont pas les mots que j’écris fébrilement sur une page blanche dans un traitement de texte, chose que je fais régulièrement depuis près de 30 ans maintenant. L’informatique je suis tombé dedans tout petit. Je savais que je ferais ça avant même de connaître le mot.
J’écris en automatique. Cela n’a pas beaucoup d’importance. Le singe qui actionne ses doigts sait laisser son esprit vagabonder cependant qu’il s’obstine à décrire la situation. Cela en devient confus d’ailleurs. Mais il entretient volontairement la confusion. La confusion c’est ne jamais se laisser complètement aller jusqu’à ne plus savoir où l’on est. C’est de cette ignorance que surgit la peur. Celle de soi-même. On voit son reflet dans le miroir de ces lignes et on imagine alors que le « soi » qui écrit, celui qui lit, celui qui a pensé tout cela, tous ces « je » n’existent en aucune manière. Ils sont simplement le reflet d’un concours de circonstances. Celles qui voient éclore cette réalité et qui la voient de dissiper tout en même temps. C’est toujours ainsi que les choses se font. Elles surgissent de l’esprit, se développent et puis se dissipent. Le problème, car problème il peut y avoir, c’est qu’à force de surgir, l’observateur peut – légitimement dans un premier temps – oublier de compter. Je ne sais pas quoi. Le défaut principal rencontré chez l’Observateur, oui je parle de celui-là, celui qui observe les mots qui défilent dans mon esprit, « tu n’existes pas plus que moi ». Nous le savons tous les deux avec certitude. Sans aucun doute. C’est moi qui écris, c’est moi qui lis. Tous les deux sont présents et plus aucun des deux ne demeure pour en parler. L’observateur, quant à lui, est toujours là. « Toujours » se trouve en dehors du temps. C’est un concept. Il faut le comprendre précisément tel qu’il est. Juste un concept. Les mots ne peuvent en aucune manière exprimer ce qui est ineffable. Par définition ces mots sont de trop et je m’excuse si j’ai offensé quiconque par mes paroles, mes actes ou même mes pensées. Je ne l’ai jamais souhaité. Je ne souhaite offenser personne pas même mon pire ennemi. D’ailleurs je n’en ai pas. Il y a des idées que je récuse mais je porte rarement des jugements. Parfois personnels, quand je connais bien les gens. C’est plus difficile de ne pas juger quand on reconnaît ses propres défauts vus dans un miroir. Car c’est toujours d’un miroir qu’il s’agit. Il en sera toujours ainsi d’ailleurs. Ce miroir est celui de l’illusion du temps, celui qui forme les barreaux de la prison qui te retienT. Il en est ainsi depuis de temps sans commencement. Il s’agit simplement de ne jamais l’oublier. De faire partie de cette Connaissance, celle qui observe tous les phénomènes. Celle qui s’y reconnaît sans se plaire ni se déplaire. Il en est simplement ainsi. C’est ici que je demeure et qu’est ce que ça peut bien vous faire si je vous dis que je suis heureux. Aimer observer autour de soi sans juger, sans même y prêter attention en fait, est extrêmement agréable. C’est une récompense que le cerveau accorde pour flatter l’instinct de survie. Celui qui fait croire que le plaisir a une existence intrinsèque. Il n’en est rien, bien entendu. Le plaisir est toujours observé par le biais d’un instrument, quelle que soit la nature matérielle ou immatérielle de cet instrument. Ca peut être le fond blanc d’un écran d’ordinateur par exemple, celui où j’écris ces mots pour me souvenir. Je n’ai jamais oublié, j’écris pour le bien des autres. Ceux qui liront cela un jour et qui penseront comme moi. Ces gens-là, je ne les connaîtrais jamais mais, cependant, je ne les en aime pas moins pour autant. Cela est aussi vrai que je suis un Séraphin. Ca non plus je ne l’ai jamais oublié. J’ai tous les portraits sous les yeux tous matins pour le cas où il me viendrait à l’esprit, que j’ai parfois un peu égaré, d’oublier les raisons qui me poussent à écrire. J’aime réellement l’écriture. J’ai beaucoup écrit. Pour mon plaisir personnel ou celui de quelques intimes. Lesquels, tout compte fait, me font l’amitié – la vraie – de ne plus me lire que d’un œil distrait. « Tiens, de quoi pourrait-il nous parler » ?
Ecrire sert à figer du temps sur un support immatériel. Qu’il finisse par être imprimé n’est pas important en soi. Ce qui est important c’est l’immatériel. Le temps, j’en fais ce que je veux. Il n’appartient à personne. Je ne vole personne en l’utilisant pour mieux servir les autres. En servant les autres, c’est moi-même que je sers. J’en tire un certain bénéfice. Ceux qui connaissent ma situation personnelle savent que je ne me plains pas. Mais cela n’a jamais été un but. Le seul but, provisoire car il faut bien travailler dans le temps, mais il faut en disposer librement, est de se connaître soi-même. A partir d’un je qui s’aime, qui se respecte et qui aime les autres, il devient possible de voir les choses agréablement. En toutes circonstances. Oh, la chose peut être fâcheuse, le temps maussade, le rire ridicule et je ne sais plus quelle autre raison d’écrire ces mots, mais il n’en demeure pas moins qu’il n’y pas jamais eu personne au bout du fil. Il n’y a jamais eu de fil pour commencer.
Si, peut-être, celui de mes idées que j’ai laissées défiler pendant près d’une heure, sans jamais avoir la moindre pensée négative. Je ne dis pas ça pour me vanter. Une heure ce n’est pas beaucoup. Les moines tibétains font ça tous les jours de leur vie et pendant des heures. Il y en a même qui s’isolent dans des chalets pendant des mois voire des années. Ils n’en ressortent que quand ils sont sûrs d’avoir compris.
Ne pas exister est aussi un concept. Cela ne sert donc à rien de tenter de l’exposer. Cela ferait perdre du temps à celui qui lit mais aussi à celui qui écrit. La démonstration est correcte ainsi. Cela signe l’interlocuteur. Quand je relirai ceci, je me souviendrai.
Je n’ai jamais oublié, n’est-il pas ?
Votre dévoué serviteur, John Séraphin, qui n’a jamais existé et qui, fort heureusement, n’existera plus jamais plus après moi. J’ai même réussi à accepter que cela se passerait bien. Je vis cela sans interruption depuis des temps sans commencement. Le pur bonheur de créer, pour le seul bien des êtres, sans se soucier un instant d’en retirer un quelconque bénéfice. Oui, je sais, j’ai déjà écrit cela. Mais c’est la preuve que je ne suis pas un ordinateur. L’ordinateur, lui, du moins tel qu’on le perçoit – j’ai eu de mal à taper ces lettres – un trouble de la perception sans doute ;-) C’est le premier smiley 1205, pardon 1209 mots, vous pouvez vérifier. Vous compterez 1209 et pas 1201. J’ai simplement fait un couper-coller pour compter. Pour faire croire que c’est un ordinateur qui tape ces mots. D’ailleurs, personne ne peut prouver le contraire. Le singe me prétend, plein de fautes de frappe à l’appui, qu’un ordinateur ça ne sait rien faire d’autre que compter. Je viens de vous prouver que l’esprit fait pareil. C’est la raison pour laquelle il faut que l’Observateur apprenne à lâcher prise. Ne plus compter, ne plus catégoriser. Ne plus penser blanc ou noir. C’est tel que cela paraît. Il en est ainsi parce qu’il ne pourrait pas en être autrement. Homme ou Ordinateur, ça existe tout autant. D’un côté c’est un tas de chair en cours de putréfaction et, de l’autre, c’est un fichu tas de tôle avec lequel il a bien fallu qu’on s’habitue à travailler.
Le plaisir naît de l’habitude. L’habitude ancre la pensée d’un moi. Celui qui expérimente peut tomber dans l’erreur de se remémorer un souvenir particulièrement saillant (cela peut être positif ou négatif en fonction du karma de chacun, mais si on ne sait pas gérer ses émotions, il y a des moments où cela pourrait être gènant. Tiens, là par exemple. Cette fichue parenthèse que tu ne fermes pas. Ces dernière faute de frappe, que tu vois soulignée en rouge et dont tu ne te soucies pas. Accorder soucier mais oublier le rouge. Oui, je rumine. Cela m’arrive encore. Cela permet parfois d’aider les autres de façon inattendue. Sans rien demander en retour et le prouver, ultimement, en y consacrant la seule chose qui pourrait valoir la peine, s’il fallait en trouver une, c’est le temps.
Comme il n’existe pas, il est préférable de demeurer heureux. C’est un état d’esprit comme un autre et, sans tomber dans l’illusion de s’imaginer qu’il en serait autrement, réaliser qu’il est bien plus agréable de servir les autres que d’être servi. Ils sont plus nombreux et ils méritent tous autant. Il faut juste les voir, leur parler, comprendre leur histoire, savoir comment ils en parlent eux-mêmes. Leurs propres mots. Les mots intérieurs sont importants. Ce sont les mots où le regard s’expose à lui-même. Un miroir qui ne trompe pas celui qui s’y ad-mire. Le jeu de mot signifie effectivement que ces lignes vont se terminer. Un ordinateur bien élevé prend congé des humains en les faisant rire. Il n’est nulle part stipulé qu’il faille être particulièrement subtil. Quand le rire est là, l’émotion naît simultanément. C’est à ce moment qu’il est le plus agréable de la lire. La musique, l’extase sexuelle, le plaisir d’un bon mot induisent cette émotion. Qu’elle reste là où elle est, elle ne me dérange qu’elle vienne ou qu’elle s’en aille.
Je m’en vais d’ailleurs prendre congé de vous.
Votre dévoué et humble serviteur… non, ça tu l’as déjà écrit plus haut, imbécile !
1695 mots. Pas mal pour quelqu’un qui est un tantinet rouillé. On a failli y croire à cette histoire d’ordinateur. Non, c’est une blague. Le compte exact est